Origines des noms

Origines des noms (suivant Géopatronyme.com)

Dans la plupart des civilisations antiques, un seul nom servait à désigner l'individu. Ce nom restait attaché à la personne de sa naissance à sa mort, sans être toutefois héréditaire.

Seuls les Romains utilisaient un système de trois noms : le prénom, le gentilice (nom du groupe de familles) et le cognonem (surnom, devenu nom de famille). Cependant, les gens du peuple ne portaient en général que deux noms : le prénom et le cognonem.

Avec l'expansion romaine, le système à trois noms s'est étendu sur tout l'Empire et notamment la Gaule.

Les invasions barbares du Vème siècle détruisent l'Empire romain d'Occident et font disparaître le système à trois noms de la Gaule.

En effet, les populations adoptent alors la coutume des vainqueurs, qui était la leur avant l'arrivée des Romains. Il ne portent désormais qu'un nom individuel, qui ne se transmet pas d'une génération à l'autre. Ce système va perdurer jusqu'au Xème siècle.

C'est en effet au Xème siècle que le processus de création des noms de famille s'amorce. Face aux problèmes engendrés par un trop grand nombre d'homonymes, le nom individuel est peu à peu accompagné par un surnom. Avec l'usage, ce surnom tend à devenir héréditaire. Ce phénomène se rencontre d'abord parmi les familles nobles, puis s'élargit à l'ensemble de la population à partir du XIIème siècle.

A partir du XVème siècle, un long processus de fixation des noms de famille s'amorce. Par ailleurs, le pouvoir politique s'intéresse à la question et réglemente progressivement l'existence des noms de famille.

En 1474, Louis XI interdit de changer de nom sans une autorisation royale.

En 1539, François Ier promulgue l'ordonnance de Villers-Cotterêt. Celle-ci rend obligatoire la tenue de registres d'état-civil. Cette tâche est confiée aux curés, le Clergé constituant la seule « administration » présente dans tout le royaume. En fait, la décision royale officialise et généralise une pratique déjà en usage depuis le siècle précédent, principalement dans les villes.

Avec la Révolution française, la tenue de l'état-civil quitte le cadre de le paroisse. Elle passe désormais dans les attributions de l'État et se fait à la mairie de chaque commune.

La loi du 6 fructidor de l'an II (23 août 1794) interdit de porter d'autres noms et prénoms que ceux inscrits à l'état-civil. Cependant, le Conseil d'État peut autoriser un changement de patronyme (ils sont actuellement environ 800 par an).

En 1870, l'apparition du livret de famille fige définitivement l'orthographe de tous les patronymes.

AGACHE

Agasse
C'est l'ancien nom de la pie, encore utilisé dans certaines régions. Le nom de famille est en principe un sobriquet appliqué à une personne bavarde ou criarde. C'est dans la Loire-Atlantique que le nom est le plus répandu, mais on le trouve dans bien d'autres régions. Variantes : Agaasse, Agache (Picardie), Agaesse, Agaisse, Aguesse (Ouest). Diminutifs : Agasseau, Agasson, Aguesseau. (Généanet)
Outre les AGACHE de Vaucottes/mer, nous trouvons des AGACHE dans les ascendants des BOUTEMY, vers 1700

ALLIOU

Le nom est porté dans le Morbihan. Variantes : Alioux, Alliou. C'est un nom de personne médiéval, rencontré à diverses reprises dans le cartulaire de Quimperlé aux XIe et XIIe siècles sous la forme Alliou. Son origine est incertaine. Albert Deshayes le fait venir d'une racine all- avec le sens de nourrir, élever.

Cartulaire de Quimperlé
Le cartulaire de l'abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, établissement crée à Quimperlé (actuel Finistère), est un ouvrage du xie siècle constitué de manuscrits portant sur toutes les transactions de l'abbaye avec ses donateurs, ses débiteurs et sur ses relations avec les autorités civiles et ducales. Une analyse détaillée du cartulaire de Quimperlé a été faite au début du xxe siècle par Léon Maître et Paul Berthou1.
Le format consiste en un petit livre en parchemin de 171 mm de haut sur 113 mmm de large2.
Le cartulaire a été rédigé en grande partie par un moine de l'abbaye dénommé Gurheden et la compilation des chartes semble avoir débuté vers 1127.
Outre les textes hagiographiques et diplomatiques, le document comporte deux séries de chartes :
109 chartes allant de l'acte de fondation de l'abbaye en septembre 1026 jusqu'au 3 mai 1128.
26 chartes écrites après la mort de Gurheden survenu en 1128.
Bien que plus récent que le cartulaire de Redon, il constitue comme celui-ci une source majeure de l'Histoire de Bretagne, notamment pour le Moyen Âge. Les actes portent sur des biens situés dans toute la Bretagne, surtout dans sa partie méridionale en Cornouaille et Pays Vannetais. Ce document offre à l'anthroponymie et la toponymie bretonnes une source de première importance, compte-tenu des noms de lieux et d'hommes qu'il contient en vieux-breton.
Le cartulaire est aujourd'hui conservé au British Museum à Londres. Il a été édité au xixe siècle (voir bibliographie). Une nouvelle édition est en préparation. (wikipédia)

BAILLEUL

Surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais, c'est une variante de Bailleul (59, 76, 50), désignant celui qui est originaire deBailleul, nom de dix communes et de nombreux hameaux en Normandie, en Picardie et dans le Nord-Pas-de-Calais (également Bailleu dans l'Aisne). Origine du toponyme : sans doute le latin balliculum (= palissade). Variantes : Bailleu,Bailleul, Baillieul, Baillieux, Baillieud.

Le 10 mai 1295, Baudouin, châtelain de Bailleul, chevalier, et dame Agnès, sa femme, vendent à Guy, fils du comte de Flandre, la châtellenie de Bailleul avec toutes les terres, revenus, hommages et autres droits qui leur appartenaient, ainsi que tout ce qu'ils possédaient dans les territoires de Cassel et de Bailleul qu'ils tenaient en fief du comte de Flandre, pour la somme de trois mille livres parisis.Le 27 mars 1421, Jean de Flandre, Comte de Namur, Seigneur de Bailleul déclare qu'étant âgé, privé de famille, et pour le bien-être de ses sujets à l'avenir, il a vendu le comté de Namur, ses appartenances, et les châtellenies de Bailleul et de Béthune à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. L'adhéritement lui en fut conféré le 8 juin suivant par le bailly et les hommes de fief de la salle d'Ypres. À partir de cette époque, Bailleul releva directement des ducs de Bourgogne, puis de la Maison Impériale des Habsbourg d'Autriche, de la Maison Royale des Habsbourg d'Espagne et enfin de la France.(wikipédia)

BEAUSSIER

La famille Beaussier trouverait son origine en Provence où, effectivement, il existe une longue et noble lignée de marins renommés.
Les nôtres arriveraient de là bas via la commune de Durtal dans le Maine et Loire ; du moins c'est ce qu'affirme la généalogie de Nicolas Barbier de la Serre qui épousa Sophie Josèphe Beaussier, fille de notre ancêtre Alexandre Eustache, (étant spécifié : "de la famille des Beaussier de Provence, connus par un grand nombre de magistrats, de chevaliers de Saint Louis et de marins distingués de leur nom, de Beaussier porte : d'azur, à 3 coquilles d'or")
Bon, tout est possible ; toujours est-il que nos Beaussier sont dans le Nord depuis le 17e siècle, Pierre Nicolas Joseph étant né à Tournai en 1691.
Alexandre Eustache eut, de Marie Philippine Mathon, au moins 6 enfants dont Julie qui épousa Louis François Decroix et Alexandre Joseph dont la fille, Marie Henriette, épousa Adolphe Auguste Mille, père de Pauline qui épousa Henri Decroix, petit-fils de Louis François...on ne quitte pas la famille.

Anecdote amusante pour les écoliers que nous fûmes et fréquentèrent le collège de Marcq en Barœul : ce fameux "vieux collège" n'est autre que l'ancien "château des jardins" qui appartenait à Alexandre Beaussier, notre aïeul (acquis du comte Jean Baptiste de Muyssart) et que, lorsqu'il fut muté à Paris, il revendit avec près de 10 hectares de terre à la Société Saint-Bertin, société civile de prêtres enseignants créée en 1834 dans le diocèse d'Arras, s'attelant à l'éducation chrétienne de la jeunesse, l'histoire de la Société s'est liée au développement de l'enseignement secondaire et à l'expansion des collèges libres du Nord de la France au XIXè siècle.

BIGO

Patronyme très répandu dans l'Ouest (35, 72). C'était le terme plus ou moins méprisant par lequel on y désignait les Normands, d'après leur façon de jurer (bî got = par Dieu, cf l'anglais by God). On trouve de très nombreux exemples de cette acception, par exemple un vers d'un roman médiéval : Ne tollez la terre az Bigoz (= n'enlevez pas la terre aux Normands). Variante bretonne : Le Bigot .
Voir aussi Vigot qui pourrait être une variante phonétique de Bigot, désignant aussi parfois une houe (et l'utilisateur de cet outil). Cette définition est cependant souvent remise en doute, et il pourrait s'agir d'un nom de personne d'origine scandinave (Vi-Gautr) ou encore du germanique Widgaud.
Nom italien rencontré surtout en Emilie-Romagne. Il correspond à bizzoco, bizzocco, équivalent du français 'bigot'. Ce fut également le nom d'un tiers-ordre franciscain (XIIIe-XIVe siècles) vivant dans l'ascétisme et la plus grande pauvreté.
Il y a aussi la théorie d'un rapport avec le peuple de la Wisigothie dans une forme latine, la Bigothie . Il paraît encore plus difficile de faire un lien avec le mot espagnol « bigote » désignant la moustache.

La première hypothèse du juron « bi got » apparaît donc la plus plausible, d'autant plus que le dictionnaire d'Oxford rapporte que le féminin « bigote » a été appliqué par la suite de façon injurieuse aux Béguines.
Le mot Bigot a fourni des dérivés dont bigoterie vers 1450 désignant la dévotion étroite du bigot.

BOUTEMY

Boutemy : Le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais et l'Ille-et-Vilaine. Variantes : Bouttemy, Bouthemy, Boutmy (on trouve aussi les formes Bouthemin et Boutmin dans l'Ille-et-Vilaine). Sens obscur. Au XIXe siècle Lorédan Larchey (voir bibliographie) pensait à une contraction de Barthélémy. Pour leur part, Dauzat et Morlet y voyaient le verbe "bouter" suivi de l'adverbe "mi" (= au milieu), ce qui n'est pas clair du tout. La meilleure solution pourrait être un dérivé formé à partir du nom de personne germanique Bodo (racine bod = messager).

Edouard Boutmy de Katzmann, résidant à La Haye, indique que le nom existe à Cambrai, depuis 1290 et que son ancêtre s'est marié a Mons en 1639, et fut probablement baptisé a Cambrai en 1610. puis ses ancêtres en partant de Mons, en passant par Alost, Gand et Bruxelles, se sont dirigés vers Anvers, les Indes Orientales et enfin la Hollande.


Les usines BOUTEMY

Le nom de BOUTEMY est profondément associé à l'histoire de l'évolution de Lys-Lez-Lannoy, durant la seconde moitié du XIXème siècle.
L'histoire de cette famille remonte à Toussaint BOUTEMY, né à Lens (Pas-de-Calais) en 1712. Il exerçait la profession de charpentier et vint s'établir avant 1739 à Chéreng. Il y épousa le 3 septembre 1739, Marie-Anne CARETTE, veuve de Pierre-Joseph DELANNOY, lui-même charpentier. Devenu veuf, Toussaint BOUTEMY épousa, le 26 juin 1742, Marie-Marguerite DUBUS., de ce second mariage, Toussaint BOUTEMY eut, entre autres enfants, deux fils qui exercèrent la profession de marchand de fil de lin.
Ces deux frères, Pierre-Joseph BOUTEMY né à Chéreng, le 4 juillet 1743, et Louis-François-Joseph BOUTEMY, né à Chéreng le 27 octobre 1745, s'établirent à Willems pour exercer leur activité.
L'aîné, Pierre-Joseph, n'aura pas de descendance masculine en dehors de son fils Amand-Joseph, né à Willems le 24 août 1782 et qui meurt célibataire à Willems, le 14 mai 1866. Par contre, le second, Louis-François-Joseph est le fondateur d'une dynastie qui marquera fortement l'industrie du lin dans le Nord de la France. Ayant fait prospérer ses affaires, il laisse à son décès à Willems, le 16 juin 1827, deux fils déjà bien installés dans la profession.
Ces frères BOUTEMY de la seconde génération du textile, Louis-Antoine-Joseph BOUTEMY, né à Willems le 1er janvier 1788 et François-Joseph BOUTEMY né à Willems le 2 février 1790, étaient les enfants du second mariage de leur père qui, veuf en 1785 de Scholatique MELON, dont ils avaient eu deux enfants morts en bas âge, avait épousé à Lys-Lez-Lannoy, le 7 octobre 1786, Marie-Anne BAYART, née à Lys-Lez-Lannoy, le 7 juillet 1759, fille de Jacques-Philippe BAYART et de Marie-Thérèse DELATTRE, censiers à Lys.
L'aîné des fils de Louis-François-Joseph et de Marie-Anne BAYART, Louis-Antoine-Joseph, fixé à Cysoing puis à Baisieux, n'eut de son mariage avec Sophie DENONCOURT, que deux filles, dont la descendance quitta l'industrie textile. Le cadet, François-Joseph BOUTEMY, resté à Willems, y épousa le 14 mai 1811, Marie-Françoise-Caroline BLANCQ et poursuivit le développement des affaires lancées par son père et son oncle.
Dès 1825, il avait créé une société en nom collectif. Il achetait la filasse aux producteurs et la confiait aux nombreuses ouvrières à domicile des villages environnants, pour revendre le fil aux tisseurs de toiles ou aux filetiers pour la fabrication du fil à coudre.
Le mariage de son fils Amand, né à Willems le 17 mai 1816, avec Catherine-Fidéline HENNION, issue d'une famille de marchands de lin de Linselles, devait conforter l'essor de son entreprise.

Historique : Ensemble textile Boutemy Frères ; l' origine de la société remonte à 1825 : elle pratique alors la filature et le tissage à façon, notamment à Willems où figure aux statistiques de 1845 la filature de lin et d' étoupe Boutemy Hennion fils ; en 1847 est construite une filature mécanique de lin à Lys-lez-Lannoy. Construction des filatures et des tissages de Linselles (59), Willems (59) et Wervicq Sud (59) vers 1870. Des pillages ont lieu lors de la Première Guerre mondiale. L'usine de Wervicq est alors détruite ; elle ne sera pas reconstruite. Celles de Lys-lez-Lannoy et de Willems, bien que pillées et détériorées, reprennent leur activité en 1919. Une corderie est construite à Lys-lez-Lannoy vers 1920. Quand la crise survient en 1934, les syndicats liniers conduisent à la fermeture du groupe et à la destruction des 40 000 broches des Ets. Boutemy, malgré un chiffre d' affaires toujours croissant.
En 1845, la filature de Willems possède neuf machines à filer le lin et occupe 50 ouvriers. En 1878, l' ensemble des unités comporte 40 000 broches, soit le dixième du nombre total des broches du département du Nord (les 90% restants étant répartis entre plus de 90 filateurs). En 1914, la production est de 27 000 tonnes de fil de lin pour le tissage, 1000 pour la filature, 700 pour la corderie, pour un équipement global de 46 cardes, 22 peigneuses et 42 000 broches ; la force motrice est alors de 3500 CV développés par six machines à vapeur Dujardin (deux de 1200 CV, deux de 500 CV, une de 80 CV et une de 50 CV). La surface de chauffe est alors de 2500 mètres carrés pour 19 chaudières. Le redémarrage de l' activité s' effectue en 1919 avec seulement 250 broches. 2000 ouvriers sont employés en 1914 ; ils étaient 1100 lors de la fermeture.

BLONDEL

Diminutif de Blond (= celui qui a les cheveux blonds). Le nom de famille Blond se rencontre surtout dans l'Ouest et en Artois. Les Blondin sont nombreux dans la Somme et l'Isère. Autres dérivés : Blondael (59), Blondain (71, 42, 23), Blondard (03), Blondat (89), Blondaud (23, 14), Blondaut (71), Blondaux (02), Blondaz (74), Blondeau (59, 71), Blondeaut (71), Blondeaux (59, 76), Blondeel (59), Blondel (76, 80), Blondelle (02, 60), Blondelet (58, 08), Blondelon, Blondelot (77), Blondelu (80), Blondet (36, 87), Blondey (25, 59), Blondez (59), Blondiau, Blondiaux, Blondieau, Blondieaux (59), Blondon (58, 21, 38), Blondot (54), Blondou, Blondy (24, 87).

CABILLAUX

Dans leurs « Notes historiques et généalogiques sur la famille CABILLAUX », Auguste de Meunynck et Marie Boutemy-Cabillaux font remonter l'origine de la famille à Audenarde (Oudenaarde, Flandre orientale, Belgique) et à « une très haute antiquité ».
Les ancêtres dont ils se réclament s'appelaient CABILIAU, le premier étant Hughes Cabiliau, alias Caquilion, Chalon ou Cabillion, qui prit part, en 1072, avec Robert le Frison (Robert 1er, Comte de Flandre), à une expédition contre les Sarrazins et se battit à la première bataille de Cassel.
Ces Cabiliau se retrouvent ensuite à Audenarde où Jacques Cabiliau qui vivait en 1280, est à l'origine d'une famille de magistrats et d'hommes d'armes.
Il jouera un rôle important dans cette ville ainsi qu'à Ypres où Jean Cabiliau fut échevin (magistrat chargé de la police et de la justice seigneuriale) en 1477 et engendre une lignée d'Echevinss et autres magistrats municipaux.

Mais le premier ancêtre direct des Cabilliaux est un Jean Cabillau qui épouse à Douai, en 1660, Catherine Pollet.
Pour relier ce Jean aux Cabiliau d'Audenarde ou d'Ypres, Marie Boutemy cite la tradition familiale et la possession dans la famille, jusqu'en 1794, d'un cachet (Sceau?) en or et d'une certaine quantité d'argenterie portant un blason aux deux cabillauds adossés, armes des Cabiliau.

Guy Watine, en 2008, a effectivement retrouvé, via internet, un texte sur Jacob Cabeliau décédé à Alkmaar (ville des Pays Bas) en 1574, seigneur de Mulhem où il est dit que la maison flamande Cabiliau ou Babiliau utilisait le blason sur fond rouge 2 cabillauds argentés, détournés debout.

CASTANY

Surnom catalan évoquant celui qui a les cheveux châtains, ou encore celui qui est originaire d'un lieu-dit Castaing, Castany (= bois de châtaigniers).

DATHIS

Depuis le Moyen Âge, la seigneurie d'Athis, en prévôté de Mons, était un fief qui relevait directement du comte de Hainaut10. La seigneurie d'Athis (anciennement, Attiches) à son origine, a appartenu à une famille qui en portait le nom. Elle passa par mariage dans les familles d'Auberchicourt, de Luxembourg, d'Enghien, de Saint-Pol, de Bourgogne, de Clèves, de Hennin-Liétard, de Boussu, de Roisin, de Bousignies (Busignies), de le Tenre, et de Reding. Cette dernière famille la possédait jusqu'à la Révolution.
Le nom de la commune évolue au cours du temps.
Au xie siècle : Astices (année 1018, diplôme de l'empereur Henri-le-Noir);
Au xiie siècle : : Astigioe, Asticies, Astices, Altiches, Attiches, Astiches. (année 1110, charte d'Odon, évêque de Cambrai ; année 1119, bulle du pape, Calixte II ; année 1183, bref du pape Lucius III ; année 1190, Annales de l'abbaye de Saint-Ghislain ; année 1190, bref des papes Innocent et Urbain III.)
Au xiiie siècle : Astices.
Au xve siècle : Astiches.
Au xviiie siècle : Athise, Athies, Attiche(s).
Depuis le xixe siècle, le nom est Athis.
Suivant les uns, Athis, viendrait du latin Athoegia, qui veut dire : cabane, maisonnette. D'après M. Piérard, il viendrait des mots celtiques : AT, pré, et IS, ruisseau. Ce serait donc : le pré du ruisseau, ou, le ruisseau des prés. Cette commune s'est élevée dans la Charbonnière (la Forêt Charbonnière), des bûcherons y auront établi leurs loges lesquelles, en se multipliant, auront insensiblement formé une petite agglomération (Attiches, en département du Nord, a la même signification et probablement la même origine.)Des tombes gallo-romaines ont été découvertes dans divers points du territoire d'Athis.(wikipédia)
Dans la généalogie Charles DATHIS épouse Alexandrine Eugénie VAN BLARENBERGHE dont Marie Louise Henriette qui épouse Jules César Alexandre DECROIX

DECROIX

DECROIX

Il existait plusieurs maisons DECROIX, très anciennes.
On trouve les premières traces de la Maison de Croÿ au 12e siècle en Picardie. Elle a pris son nom du village de Croucy Saint Pierre (Somme), ce qui explique que le nom Croÿ se prononce toujours en français CROUY. Ce sont alors de petits seigneurs locaux sans fortune ni influence.
C'est Antoine 1er le grand de Croÿ, sous le règne de Philippe le Bon, qui va favoriser l'ascension de la famille. Il arrive à obtenir l'oreille du prince en devenant son plus proche conseiller, notamment dans la dernière décennie de son règne. Les Croÿ deviennent alors le clan le plus important de la cour, obtenant gouvernements, titres et largesses. Ils s'attirèrent la haine du reste de l'aristocratie burgondo-Flamande par leur position de favoris, d'autant qu'Antoine était considéré comme une sorte de nouveau riche, un petit seigneur obscur venu de France et monopolisant à son profit l'attention d'un prince vieillissant. Antoine entra alors en conflit avec le comte de Charolais, futur Charles le téméraire. L'héritier déjà en âge de régner n'appréciait que peu ce clan parasitaire qui captait la régence alors que lui même était exclu par son père du gouvernement. Lors de son "coup d'État", Charles accusa les Croÿ de travailler pour la France et fit déchoir les Croÿ et les Rubemprés, leurs alliés, de leurs places de chevaliers de l'ordre de la Toison d'Or. Ils furent bannis et beaucoup trouvèrent refuge à la cour de France, dont le roi n'était que trop content de pouvoir nuire à son encombrant cousin.
Malgré cet aléa, les Croÿ revinrent vite en faveur. La mort du Téméraire accéléra encore ce mouvement, puisque les Croÿ se posèrent en indéfectibles défenseurs des droits de la princesse Marie de Bourgogne face au roi de France. Les premiers Habsbourg, Maximilien, Philippe le Beau et Charles Quint continuèrent à s'appuyer sur cette famille aux clientèles puissantes et à la récompenser de leurs largesses. La famille connut l'apogée de sa puissance au début du 16e siècle, quand Guillaume de Croÿ, seigneur de Chièvres, précepteur du futur Charles-Quint, fut investi du gouvernement au nom de celui-ci. Sans décliner, la puissance des Croÿ ne fut plus que locale ou contestée après Guillaume, notamment lors de la guerre de quatre-vingts ans, où Philippe de Croÿ, 3e duc d'Aerschodt, demeuré farouchement catholique ne parvint à faire valoir sa nomination comme gouverneur général des Pays-Bas et dut s'exiler à Venise.(Wikipédia)
La Seigneurie de CROY fut élevée au rang de Duché par le Roi Henri IV en juin 1598, droit confirmé par Louis XV en 1768. Plusieurs branches se développèrent jusqu'au milieu du XVIIIéme siècle. En 1767, il ne restait plus que la branche de CROY-SOLRE, toutes les autres étant éteintes.
Ce sont les 3 fils d'Auguste, Duc de CROY (dernier survivant à cette époque de la famille) qui fondèrent les branches actuelles : celles de CROY-DULMEN, de CROY-SOLRE et celle d'Autriche ; chaque branche est ramifiée en plusieurs sous-branches. La branche de CROY-DULMEN reçut la qualification d'Altesse Sérénissime en 1825, distinction étendue à tous les autres membres de la famille en mars 1833. On trouve à ce jour les branches de France, de Belgique, de Bohême, de Westphalie et d'Autriche.
Le chef de famille est actuellement le Duc de Croÿ qui vient célébrer en 2004 ses 90 ans. Il vit en Westphalie.
Cependant, ces « de Croy » ne semblent pas être nos Decroix, mais ça n'empêche pas d'y compter quelques ancêtre pour certains d'entre nous.

Mais il est une autre maison, plus ancienne encore, admise dans tous les chapitres nobles des Pays-Bas et des plus considérables d'Artois, en la châtellenie de Lille, celle des « de Croix » vivant en des lieux où l'on retrouve après des « Decroix », c'est troublant.
Cette maison est connue dès le XIIe siècle en la personne d'Eustache, seigneur de Croix et de Mandre,. Il est supposé que le nom de « Croix » fut donné à la suite d'une croisade glorieuse, d'où son blason d'argent à la croix d'azur.
Il est dit dans le document que nous possédons que le nom semble être originaire du Boulonnais où, selon des documents en latin, vivaient au XIIe siècle des « de Cruce ».

Néanmoins les premiers Decroix connus (de nous) étaient originaires de Saint Omer, ils se fixèrent à Lille vers le milieu du XVIIe siècle.
Nos chevaliers de Croix, eux, se promènent en Flandre, Hainault et Picardie, s'alliant, au cours de siècles, avec les grandes familles de ces régions.
Ces de Croix, tous cousins, sont répartis en plusieurs branches:

  • Les seigneurs de Durmez et de Wasquehal (du Mez, Dumez, Drumez)
  • Les seigneurs de la Fresnoye et de Malannoy
  • Les seigneurs d'Oyembourg et de Préseau
  • Les seigneurs de Heuchin, terre et seigneurerie en Artois, érigés en marquisat par lettres patentes du mois de mars 1691 en faveur d'Alexandre François de Croix, seigneur des prévôtés.

Ils ont tous semé quelques descendants naturels dont on perd immédiatement les traces ainsi Jean de Croix, seigneur Durmez, vivant en février 1414 et décédé la même année, laissa de nombreux bâtards. Son frère Otto eut également plusieurs enfants illégitimes dont certains furent marchands à Lille et d'autres à Arras.
Il est intéressant de constater tous les croisements et entrecroisements familiaux, et que ces noms qui apparaissent, disparaissent, pour réapparaître sous une autre orthographe, existent encore de nos jours sous des formes simplifiées.

Quoi qu'il en soit, selon une généalogie établie par Jules Decroix-Mille, le premier aïeul Decroix connu serait Antoine Decroix vivant en 1569; il aurait eu pour fils Joachim, époux Morel dont Mathieu, époux Petit, dont Nicolas époux Cornichet.
Pierre Decroix (1912) cite comme premier ancêtre connu, Eustache Decroix, né à Saint-Omer, qui vint à Lille comme médecin des armées et s'y fixa, il épousera Marie des Corniclet.
L'Eustache de Pierre semble bien être le Nicolas de Jules; peut-être s'agissait-il d'Eustache Nicolas ou l'inverse.
L'un de ses fils, Nicolas Joseph acquiert la bourgeoisie de Lille en 1715; il épouse Nicole Morel née en 1660, veuve de Simon Vignez dont elle avait eu quatre enfants.
De ce mariage naissent deux enfants, Eustache Joseph qui suit, et Marie Joseph qui fut religieuse des sœurs grises de Lannoy.
Eustache Joseph Decroix naquit en 1699 à Lille. Il épouse Thérèse Van Gaver, fille de Gilles. Il devint bourgeois de Lille en 1725. Il était Salineur, le commerce du sel étant resté libre en Flandre, il mourut le 03/04/1774 et sa femme le 01/09/1772. Du mariage naquirent dix enfants dont un seul garçon:
. Une fille qui épouse Dominique Dumortier de Douai (5 enfants)
. Amélie qui épouse M.Forceville, d'Estaires (10 enfants)
. Catherine, morte en 1807, célibataire
. Alexandrine, 1732/1787, épouse Gilles Beaussier
. Isabelle épouse Adrien Baillon (4 enfants)
. Henriette, 1736/1792, religieuse de l'Abiette donnait des leçons de danse aux jeunes filles de la bourgeoisie Lilloise.
. Marie Françoise Louise née en 1735 épouse Louis Bonaventure Vanhoenackre qui fut le premier maire de Lille
. Constance, 1739/1809 épouse Adrien Leroy
. Marie-Claire épouse Crépin Burette
. Jean François Eusache Decroix né le 27/11/1737, mort le 17/11/1812.
Jean François Eusache Decroix fut fabricant de fil à coudre jusqu'au début du 19e siècle puis se lança dans le commerce du sucre.
Il épouse le 07/08/1773 Charlotte Angélique Dejaeghere dont naquirent 4 enfants:
. Charlotte, 1774/1863 épouse Louis Vanhoenackre, son cousin germain, fils de Louis et de Marie Françoise Decroix, dont 2 filles restées célibataires.
. Eustache Philippe, 1777/1867, Contrôleur au change, épouse Amélie Van der Veken dont 2 enfants.
. Alexandrine, 1778/1851, épouse Henri Cuvelier, veuf d'Henriette Dathis ; cet Henri Cuvelier est l'arrière grand-père de Cécile, épouse d'Anatole de Ségur, fils de Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur.
. Louis François Joseph né le 03/01/1780 et meurt le 09/05/1862
Louis François Joseph Decroix épouse, en 1805, Julie Beaussier, née en 1785, second fille de son cousin germain Beaussier-Mathon; son père était un gros négociant et fut député à la chambre introuvable en 1816 (Ultras, Chambre introuvable; du 14-22 août 1815 au 5 septembre 1816
Élection de 1815 : Reconduits dans cette « Chambre introuvable », les Ultras poursuivent leur œuvre (réinstaller la monarchie absolue, répression, règlements de comptes). Louis 18 doit lui-même dissoudre cette chambre excessive qui l'effraie le 5 septembre 1816 pour couper à la reprise de la Terreur légale, les excès ultras menaçant la stabilité même du royaume et de la Restauration, allant jusqu'à faire craindre une nouvelle révolution.
" Cette Chambre, que dans les premiers temps le roi qualifia d'introuvable, se montra folle, exagérée, ignorante, passionnée, réactionnaire, dominée par les intérêts de caste ", tel en est la définition de la comtesse de Boigne. Bien décidé à se défaire de cette Chambre devenue impossible, d'autant que l'empereur de Russie lui-même menace de laisser ses troupes en France si le roi ne renvoie pas de tels députés, Louis XVIII admet : "Ils finiraient par m'épurer moi-même. " A l'annonce de la dissolution, la rente monte aussitôt de trois points... Après un an passé à institutionnaliser la « Terreur blanche » de forcer la marche du pays vers l'Ancien Régime, la "Chambre introuvable" est dissoute par Louis 18. Plus royaliste que le roi, cette chambre a prôné l'exécution ou l'exil des "traîtres" des Cent jours , muselé la presse et surtout créé des tribunaux spéciaux : les Cours Prévôtales. Plus modéré et épaulé le Duc de Richelieu et Decazes, Louis 18 mise sur l'élection d'une chambre plus modérée susceptible de ramener la sérénité en France. )
Louis Eustache entra dans la maison de commerce de son beau-père.
Paralysée des jambes à la suite d'un accident, Julie Beaussier, effectua un voyage homérique dans le midi de la France pour y suivre un traitement, à base de bains de vin, qui, paraît-il, la guérit.
De ce mariage naquirent 4 enfants:
. Louis, 1813/1835
. Jules César Alexandre qui suit
. Henry mort en bas âge
. Julie qui épouse en 1848 Auguste Delefils
Jules César Alexandre naquit le 07/04/1818; c'est, paraît-il, son parrain qui, vexé de ne pas voir son prénom parmi les prénoms choisis par les parents, lui donna ces prénoms en le déclarant à la mairie.
Jules Decroix fonda la Caisse Commerciale du Nord qui devint plus tard la banque Verley-Decroix, elle-même ensuite absorbée par le Crédit du Nord.
Il épousa en 1843 Marie Louise Henriette Dathis, fille de Carlos (Charles) et d'Eugénie Van Blarenberghe qui descendait de peintres lillois qui eurent leur célébrité au 17e siècle et dont certaines toiles se trouvent à Versailles.
De ce mariage naquirent 5 enfants:
. Jules, né en 1842, épouse Cécile Mille, fille d'Adolphe Mille-Beaussier
. Henri qui suit
. Pierre, 1848/1903, épouse Gabrielle Plaideau
. Albert, 1848/1949, épouse Marie Gabrielle Chadefaud (1860/1943)
. Marie, 1848/1941, épouse Georges Delaporte (1845/1938)
Henri Decroix, 1845/1940, était Banquier, c'est lui qui fit de Vaucottes le berceau des vacances des Decroix; il épouse Pauline Mille, sœur de Cécile qui a épousé Jules Decroix; elle était la fille d'Adolphe Mille-Beaussier et sœur de l'écrivain Pierre Mille qui connut, à l'époque, un certain renom.

DESCHODT

Nom flamand désignant un Ecossais (néerlandais schot). Variantes : De Schodt, Deschotte.

Fourmantel

Nom venant du mot Froment, se rapportant donc à un négociant en blé

JOURDIN

Jourdin, Jourdain, Jordan serait également un patronyme français très ancien, apparu selon toute vraisemblance en Languedoc au XIIe siècle, lorsque l'usage d'un patronyme après le prénom de baptême se fixa.
Jordan était devenu un prénom très courant dans le midi à la suite des premières Croisades, les croisés ayant pris l'habitude de rapporter en France de l'eau du Jourdain (Issu de l'hébreu Yarden, le Jourdain en français, Jordan est le nom du fleuve qui arrose la Palestine et se jette dans la mer Morte) Jordan pour baptiser les enfants.
Dans les actes notariés du Moyen Âge, c'est la forme latine du patronyme qui est utilisé, à savoir Jordanus, traduit en language vernaculaire indifféremment Jourdain, Jordan, voire Jorda en langue d'oc.
La popularité du prénom Jordan du XIIe au XIVe siècles explique que l'on retrouve ce patronyme dans les autres pays européens ayant participé aux Croisades (Espagne et Angleterre notamment), les patronymes utilisés lorsque leur usage s'affirma étant le plus souvent les prénoms les plus employés dans la famille (source : Petite histoire généalogique et héraldique de la famille Jordan, Jordanus Jordani, alias Antoine Jordan, Nîmes 1957).

En France, il y a une concentration de Jourdain en Seine-Maritime, et des concentrations de Jourdan en Rhône-Alpes et en Provence.

LAMBELIN

Ce nom est un diminutif de Lambert (voir ce nom). La forme Lambelin (rencontrée surtout en Bourgogne) est assez rare. Quant aux Lamblin, on les trouve en Lorraine (surtout 54) et dans le Nord.
Lambert est un nom de personne d'origine germanique, Landberht (land = pays + berht = brillant). Popularisé par divers saints, dont un évêque lyonnais et un martyr en Belgique, c'est l'un des patronymes les plus répandus en France et en Belgique. Variantes ou génitifs : Lamberth, Lamberts, Lambertz. Diminutifs : Lambertin (84, 26), Lambertod, Lamberthod (39, 01, 69), Lamberton, Lamberthon (85, 79), Lamberty (54, 88). Formes italiennes ou corses : Lamberto, Lamberti (dérivés : Lambertini, Lambertoni).

LEICHER

Le nom LEICHER est présent dans l'est de la France, en Belgique, aux pays-Bas, en Allemagne

LOUAGE - LE WAGE

Note(s) : Sources : ADN, 33H17/3210 fo 7 v° ; 33H100 fo 30 r° ; 18F40 & 61T14 [Réf. François Louagie].
Li wage au moyen-âge ; Etymologie : *wage, variante du Nord du vieux français *guage = pleige, pour celui qui sert de garant, de caution ; venant du francique *waddi = pleige (apparenté à l'ancien anglais *wedd = pledge), du germanique *wadja.
Disdant Li Wage demeurait à Marckete [auj., Marquette-lez-Lille].
Le nom de Marckete apparaît pour la première fois en 1143 dans une bulle du pape Célestin II qui attribue les revenus de l'autel à l'abbatiale Saint-Pierre de Lille.
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Marquette-lez-Lille

MILLE

Adolphe Auguste MILLE

Ce nom, fréquent en Picardie, est sans doute une aphérèse du prénom Emile. Autre possibilité, le nom de personne d'origine germanique Milo (mil = bon, généreux).

Adolphe Auguste Mille, né le 9 octobre 1812 à Lille, mort en 1894, est un ingénieur français, le constructeur du Dépotoir municipal à Paris, l'apôtre de l'épuration agricole des eaux d'égout (il utilise les eaux d'égouts comme engrais liquide).
Adolphe Mille sort d'École polytechnique en 1832, devient responsable du dépotoir de la Villette (mis en service en 1849) ainsi que de la voirie de Bondy dans les années 1850, ingénieur de la ville de Paris, inspecteur général des Ponts et Chaussées. chevalier de la Légion d'honneur le 12 juin 1846, officier en 1876. Retraité en 1877. Il est le père de Pauline Mille, épouse de Henri Charles Albert Decroix.
Une rue de Paris porte son nom.
Au service des phares durant une année, il fut détaché le 01/12/1848 au service de la voie publique de Paris, et en 1854, entama une mission d'étude commandée par Haussmann, du système d'égout dans les grandes villes anglaises. Il en revint avec de précieux renseignement, convaincu de l'intérêt du tout à l'égout et de l'épandage agricole des eaux d'égouts. Il formula ainsi le résultat de son enquête : l'eau à discrétion dans l'habitation, l'envoi immédiat des vidanges à l'égout. Mais Haussmann voulait un système mixte d'égout (eaux vannes et eaux usées séparées), non pas des conduites forcées uniques comme en avait vu Mille outre-Manche. Sans doute fut-ce pour cette raison qu'il s'éloigna quelques temps de l'administration municipale de Paris.

Par la suite il revint à sa passion première, et inaugura en collaboration avec Durand-Claye en 1867 un service d'études et de travaux des eaux d'égout et d'assainissement de la Seine. Le service fut intégré en 1871 à la direction des eaux et des égouts, où il constitua une 4e division. Inspecteur général en 1873, Mille dirigea deux ans plus tard le service d'essai des eaux d'égout, en charge du projet d'Achères. Passé l'âge de la retraite (1877) il vit son activité prolongée auprès du conseil municipal en tant qu'ingénieur conseil. "Retraité dans un grade élevé de son corps, M. Mille n'a pas abandonné l'apostolat auquel il a consacré tant de travaux et d'effort et par lequel il a conquis tant de vaillants et habiles disciples". (Haussmann, in Mémoires du baron Haussmann 1853-1870, 3e édition 1893, Guy Duriez éditeur, Paris, 1979).

OLIVIER

Comme il est dit ailleurs, le nom de famille vient souvent d'un prénom, en l'occurrence, la signification d'OLIVIER qui semble transparente est sans doute un leurre.
Lorsque apparaissent au Moyen Âge les premiers Olivier (dont celui de la chanson de Roland), aucun dérivé masculin de l'oliva latin n'a été repéré.
Il est donc vraisemblable que ce prénom de chevalier soit une transcription d'un nom germanique, Alfihar, signifiant " l'hôte des elfes ".
Par la suite, sans doute à partir du XVe siècle, lorsque les Olivier se répandent dans plusieurs pays d'Europe, cette lointaine origine a été occultée et Olivier s'est confondu avec son homonyme, l'arbre symbole de la paix.
Il y a dans notre arbre généalogique de nombreux Olivier, dont un ancêtre en passant par les Beaussier, les Mille et les Decroix et une autre branche du côté des Jourdin

RAMERY

Le nom est surtout porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Il s'agit peut-être d'un toponyme, "la Ramerie", qui désignerait un lieu boisé, plein de branchages, ou encore un lieu où on pouvait ramasser du bois mort (cf. l'ancien français "ramier", qui a un peu tous ces sens)." (Wikipédia)

SIX

Nom fréquent dans le département du Nord, rencontré également en Alsace. Sans doute une autre graphie de Sicks, forme génitive de Sick, hypocoristique du prénom germanique Sigfried ou d'autres noms de personnes formés sur la racine sig. Le rapport avec le chiffre 6 semble beaucoup plus douteux. A envisager éventuellement un lien avec l'ancien prénom Sixte (wikipédia)

VERDIERE

Très courant de la Normandie à la Belgique, désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit la Verdière, étendue de bois soumise à la juridiction d'un verdier (garde-forestier).
Guillaume de Warenghien mort entre les années 1408 et 1415, avait épousé jeanne de Thumesnil qui, en 1416, paya le droit de nouvel acquêt pour ses fiefs de La Fontaine à Croix et de La Croix à Bondues. Elle mourut le 16 octobre 1436 ou 1437 laissant une fille, Marguerite de Warenghien, mariée vers 1407 à Georges Verdière, tige des seigneurs de Préonne en Mélantois. La Maison de Verdière, soudée à celle de Warenghien, portait : écartelé aux 1 et 4 de gueules à trois merlettes d'or qui est de Verdière; aux 2 et 3 d'or à trois lions léopardés de sable passant l'un sur l'autre qui est de Warenghien. Ces armes se voyaient encore, en 1726, en une verrière de la chapelle du château. (mémoires de la société d'émulation de Roubaix)

VAN BLARENBERGHE

Condensé du récit de Werner MATHIEU sur l'histoire des Van Blarenberghe, des origines connues à Jules César Alexandre Decroix

Généalogie élémentaire de la famille van Blarenberghe, pour aider à suivre le cours de l'histoire résumée et sincère qui en fut rédigée dans un fichu mois d'août pluvieux de l'année 2006.

1.Jan van Blarenberghe x Pascaline
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11.Jan x Suzanne Liebaert => xx Blaise Vanryssel 12. Abram
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111.Jooris x Marie Coolen 112.François 113.Ghislaine x JoosDeheere
| | xx Jan Cauw.
1111-Jean-François 1121.François
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1112
Hélène x P.van de Sompele 11211.François-Guillaume
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1113---Hindrick x Jaklenne Verkamt
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11131.Jacques-Guillaume x Marie Claire Delemotte 11132.Marie-Claire Hélène [xLemeter]
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| | 111321.Jean-Paul Morel ?
111311.Louis-Nicolas x Marie-Jeanne Bassecour 111312.Henri-Désiré
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1113111.Henri-Joseph x Charlotte Damesme 1113112.Catherine 1113113.Elisabeth
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11131111.Diane-Hélène x Alex. Torchon [van Blarenberghe] 11131112.Alex. Eugénie x Carlos Dathis
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111311111.Alex. Charlotte x Aug. Fabre 111311112.Henri-François
x Amélie Brunet |
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1113111121.Henri le tueur |
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111311121.Henri-Charles x Adèle Malmazet 111311122.Henriette x Jules César Alex. Decroix

Il était une fois une famille très chrétienne, répandue dans les Flandres, mais restée solidaire au cours de cette expansion, jusqu'à nos jours. Son nom est Ente. Le plus ancien que nous connaissions fut François, qui épousa, en 1523 Catarina Bolles. Nous savons que leur lieu de résidence était Nieuwkerke, en Flandre occidentale, car leur fille Maria y épousa trois maris. A vrai dire, le deuxième élu périt à Frankenthal. Ceci est assez étrange, car cette ville du Palatinat n'est pas seulement connue pour le bon vin du Rhin ou de la Moselle que l'on peut y déguster en choquant son verre à celui du voisin, avec un joyeux «Zum Wohl!».
C'est aussi la patrie de deux grands esprits qui ont révolutionné le monde : Gütenberg et Karl Marx. Mais, à l'époque où nous nous situons, Frankenthal fut avant tout un des centres les plus exacerbés de la Réforme et un refuge pour les protestants de nos contrées au moment des guerres de religion.
La répression ne pouvait manquer au sanglant palmarès de l'Église Catholique. En France, on le sait, il y eut huit ou neuf ‘Guerres de Religion', qui consistaient en massacres de populations entières au nom de la Foi. Mais, aux Pays-Bas, ce fut encore pire. Ce fut une marée de sang.

Cette parenthèse m'a permis d'installer le décor dans lequel mes personnages vont évoluer. Vous aurez compris comment une fille de la Flandre Occidentale pouvait se trouver réfugiée à Frankenthal, en Rhénanie, en suivant l'élu de son cœur qui avait opté pour la réforme.
Mais notre François Ente, marié au début de la tourmente, eut aussi un fils François, qui eut un fils François, qui fut le père de Christine, née en 1587. Ainsi, cette famille bourgeoise évolua-t-elle dans le ronron de la petite ville de Nieuwkerke, située un moment à l'abri des tueries. Mais ce coin de Flandre recueillit entre-temps son contingent de réfugiés et c'est par l'un d'eux que la petite Christine (Kristineke) entreprit de créer notre lignée.

Coolen est un patronyme des provinces du nord qui s'incrustèrent dans le protestantisme. Beaucoup des membres de cette famille se consacrèrent au métier de batelier. N'oublions pas que ce pays est constitué du delta de trois fleuves qui furent très tôt reliés par une dense structure de canaux, entre lesquels tournèrent des moulins à vent. C'est cet entrelacement de cours d'eau qui protégea l'existence de ce peuple contre les chercheurs de frontières naturelles. Car on sait que les Néerlandais sont les plus piètres guerriers de la planète. Dans les conflits d'autrefois, plutôt que de se battre, ils s'enfermaient dans les villes jusqu'à en crever, tentant de lasser les assaillants. Ceci dit, ils furent toujours les rois des eaux, douces ou salées, tant qu'il n'y avait pas bataille. Ce sont ces marins qui constituèrent le clan des Gueux, qui s'allièrent à Guillaume d'Orange.

Abram Coolen appartenait, comme son prénom biblique le montre, à cette famille protestante. Batelier perdu dans la région de la Lys, coupé de ses arrières par la guerre, il séjourna à Nieuwkerke et , comme il avait un caractère égrillard, il séduisit et épousa une bourgeoise du lieu, Marie Dezoutere, en 1596, puis Marie Zwijnghedaus en 1598. Nul ne sait comment il s'en est débarrassé, chaque fois après un an.Toujours est-il qu'en 1600, il se trouva dans l'obligation d'épouser la petite Christine Ente qu'il avait violé à l'âge de 11 ou12 ans et qui était prête à accoucher. Il trouva bon de conserver cette épouse-ci et lui fit 5 enfants.
Deux filles devinrent nonnes et un garçon se fit capucin. Cela traduit bien la dévotion étroite qui caractérisait la famille Ente. On se demande si ces rejetons d'une mère-enfant n'ont pas voulu expier la faute des parents. Mais, à chenapan, chenapan et demi: un deuxième fils finit ses jours au bagne des Indes Orientales.
C'est la troisième fille qui nous intéresse : Marie, tout simplement. Vertueuse, mais pas insensible au charme masculin, Marie Coolen naquit en 1609 et nous la mettrons en réserve, car elle fut notre ancêtre.

Entre-temps, les choses se sont gâtées dans ces Pays-Bas espagnols. Une trêve, que l'on appelle la ‘Pacification de Gand' avait été conclue grâce au Taciturne (Willem de Zwijger), permettant aux catholiques et aux protestants de célébrer leurs cultes et de vivre en paix. Malheureusement, on introduisit un Français dans le coup, le duc d'Alençon, frère du Roi de France Henri III, à qui on offrit le gouvernement. Il s'installa à Anvers où ses petits complots finirent par agacer tout le monde et par inspirer à Farnèse, qui s'était planqué près de Namur, le désir de reprendre les choses en main. Ses mercenaires étaient des tueurs à gage qui baignaient dans le sang depuis 20 ans. Ils lancèrent des escarmouches dans les régions pacifiées et s'emparèrent, en 1582, de la petite ville de Lierre, où ils massacrèrent une grande partie de la population, sans distinction de religion. C'est ainsi que les armées de l'époque se payaient par le pillage.

C'est au cours du sac de Lierre que la famille van Blarenberghe fut décimée. Seuls survécurent deux petits garçons, Abram et Jean et leur mère Pascaline. Ces derniers étaient sans doute en visite dans leur famille malinoise, ce qui leur permit d'échapper à la mort et de se sauver vers la marche française, pour pouvoir se mettre à l'abri en passant la ligne à la première alerte. Ils aboutirent ainsi à Belle (Bailleul), petite ville flamande où ils étaient assurés de pouvoir parler leur langue. Pascaline acheta une maison et se consacra à y élever ses enfants dans la Foi réformée, qui avait droit de cité à Bailleul.

Arrivé à l'âge adulte, Abram alla s'installer à Moerkerke, près de Gand, où il épousa Jeanne Vincent et eut beaucoup d'enfants qui se disputèrent sur le plan religieux, car certains acceptèrent de se tourner vers un papisme opportuniste. Cette branche fut sans histoire et s'éteignit en douceur, en tombant en quenouille.

Reste Jean van Blarenberghe. Il ne nous en faut pas plus.
C'est l'histoire de sa descendance qui nous intéresse.
En 1600, il épousa une jeune fille de la bourgeoisie de Bailleul, Suzanne Liebaert, dont le frère était médecin et le père était peintre et doreur, d'après ses factures. Ce dernier fut à l'origine de l'introduction de l'art dans cette famille. Sa délicate profession consistait à orner les riches bâtiments et particulièrement les églises, et à travailler avec les orfèvres et les carrossiers. C'est cette connivence avec le voiturage qui décidera de nombreuses destinées familiales. Car si l'on n'a pas toujours une église ou une pièce d'orfèvrerie à dorer, par contre la carrosserie donnait du travail à l'année, en collaboration avec les peintres d'armoiries ou d'ornements. Le doreur lui-même maniait volontiers le pinceau à côté du touchau. Les riches faisaient dorer même le licou de leur cheval et ses clochettes ou grelots. Et n'oublions pas que les livres aussi étaient dorés sur tranche ou sur titre. Ce métier s'avérait extrêmement varié. Ainsi, les belles dames du temps jadis faisaient travailler le doreur sur leurs vêtements ou leur coiffure. La dorure sur bois et sur cuir, en particulier sur mobilier, était le travail du quotidien et un art demandant un grand talent, apparenté à l'enluminure qui, elle aussi faisait appel aux doreurs. Les peintres les chargeaient de faire briller la couronne ou l'auréole d'un de leurs personnages. Quant aux icônes, elles étaient en général totalement leur oeuvre.
Revenons à Jean et Suzanne qui se mirent directement à l'ouvrage et produisirent des enfants à la chaîne, comme cela se pratiquait alors. Il y eut 9 rejetons connus, dont le premier naquit 12 jours après le mariage. Ceci aussi relève d'une coutume du temps. Rares étaient les mariages dont les élus n'avaient pas fait Pâques avant les Rameaux. Ceci me pousse encore à une réflexion.
Allons, courage ! Faisons quelques pas en arrière et tâchons d'assimiler l'esprit d'autrefois.
Dans tous les ménages, le premier enfant était celui dont l'ascendance paternelle était le plus douteuse. Les filles se mariaient enceintes pour la plupart ou après un accouchement dont le fruit était souvent mort, tout simplement parce qu'on lui avait tordu le cou. Il ne nous faut pas être trop sévères dans nos jugements. Il faut au contraire tenter de nous placer dans une famille de l'époque et d'observer la vie qui nous entoure.

« ...Il est logique qu'un des crimes les plus gravement sanctionnés soit l'avortement - bien qu'il soit aussi l'un des plus courants - avec l'infanticide... L'époque invente l'obligation pour les femmes de déclarer leur grossesse - déjà sous Henri II, qui rend en février 1566 un des édits les plus terroristes de l'ancienne législation française dont voici un extrait :
"Etant dûment avertis d'un crime très énorme et exécrable fréquent en notre royaume, qui est que plusieurs femmes ayant conçu enfants par moyens déshonnêtes (...) déguisent, occultent et cachent leur grossesse (...) et advenant le temps de leur part et délivrance de leur fruit, occultement s'en délivrent, puis le suffoquent et meurtrissent (...) sans leur avoir fait impartir le saint sacrement du Baptême,(il est décidé)que toute femme qui se trouvera dûment atteinte et convaincue d'avoir celé et occulté, tant sa grossesse que son enfantement sans avoir déclaré l'un ou l'autre (...) soit telle femme tenue et réputée d'avoir homicidé son enfant, et pour réparation punie de mort et dernier supplice." (D'après Séverine Auffret)... »

L'espace de vie était plus qu'exigu ou souvent inexistant. Ceux qui s'appellent Dufossé, Delfosse, Vandergracht ou Delrio descendent de ces gueux que l'on nommait des ‘chemineaux' et qui dormaient dans les fossés bordant les routes. Mais ceux qui avaient le bonheur d'être couverts d'un toit ne jouissaient, la plupart du temps, que d'une seule pièce, voire un galetas, où vivaient trois générations. Les parents avaient souvent droit à un lit encastré muni d'un rideau qui couvrait la vue des étreintes, mais non leur sonorité. En dehors de ces moments de transports passionnés, ils prenaient quelques-uns de leurs plus petits enfants dans leur lit, souvent au pied. Les autres et la grand-mère survivante dormaient sur des paillasses, que l'on ramassait et entassait dans le lit conjugal pour la journée. Les accouchements se passaient en famille et sans pudeur inutile (Lavis d'un van Blarenberghe). Parfois, il y avait deux pièces et on entassait les enfants dans l'une d'elles. C'est là qu'ils devenaient adultes, dans une promiscuité complète. On peut dire que l'inceste était plutôt la règle qu'un accident.
Oui, il faut se représenter tout cela et ne pas raisonner comme si tous nos anciens étaient de riches bourgeois ayant pignon sur rue. Les bourgeois eux-mêmes vivaient très généralement dans des immeubles ‘de rapport', très à l'étroit. Quant aux paysans, qui formaient la grande majorité de la population, ils consacraient la place au bétail et au foin et vivaient en tas.
Voilà pourquoi on peut affirmer qu'en ces temps, le premier enfant était le plus douteux. Quand une fille se rendait compte qu'elle était enceinte, elle couchait vite avec le fils du voisin pour lui endosser la paternité. Ou bien, le voisin célibataire qui lui pinçait les fesses acceptait la situation.
Il faut rappeler ici que l'enfant tardif était souvent suspect, dans une moindre mesure. Soit que la mère fraîchement ménopausée (avant 40 ans à l'époque) se soit permis quelque écart tant qu'elle se sentait encore fraîche et, dans l'excitation, ait pondu un œuf attardé, soit qu'une mère encore jeune ait déclaré à son compte l'enfant clandestin de sa fillette. J'ai rencontré les deux cas à l'époque contemporaine, mais je pense que la pilule aura permis, en Occident, de mieux régler ces problèmes. Notez que si l'on fait de nos jours moins d'enfants, ce n'est pas seulement parce que les femmes travaillent. Elles l'ont toujours fait et durement. C'est surtout parce que la pilule rend les petites fantaisies gratuites.

Parmi les mœurs sauvages de nos aïeux, il faut en rappeler d'autres. Quand une épouse était fatiguée d'être toujours enceinte et constatait qu'il n'y avait plus place pour un nouveau venu, elle faisait appel à la faiseuse d'anges, qui était en général la sage-femme elle-même. Il y avait aussi les bonnes herbes, les ‘simples', plus dangereuses. Ces dernières pouvaient, à l'occasion, résoudre le problème en supprimant le mari.

Celui qui dirait, en me lisant, que ce portrait est trop noir montrerait ainsi son manque de culture. Il lui faudra lire les récits de l'époque. Ce fut un temps où donner la vie ou la mort était de pratique quotidienne ; où le poison était d'emploi banal, au point que les Papes eux-mêmes y avaient recours ; où la maladie n'avait pas de remède sérieux et les médecins tuaient plus qu'ils ne guérissaient ; où les épidémies ou les famines décimaient la moitié ou les trois quarts des habitants d'une région ; où les villes construites de bois flambaient ; où les guerres continues se soldaient par des massacres systématiques. La violence était banalisée comme elle commence à l'être de nos jours.
Les mères célibataires qui ne trouvaient pas preneur avaient, dans certaines villes, recours à la tourière qui recueillait, dans les couvents, les nouveau-nés déposés dans le tourniquet. Mais dans les villes et les villages gambadaient des bandes d'enfants abandonnés. Ils furent souvent les héros de la littérature du temps. Il n'y eut pas qu'Uylenspiegel ou le petit Poucet.

Tout ceci pour donner un autre tableau de fond à la vie de nos personnages.
Soyez rassurés, je reviens à eux. Jean et Suzanne (un prénom biblique non-usité chez les cathos) firent donc des enfants. Mais de quoi vivaient-ils ? Il est évident que Jean entra dans l'entreprise de son beau-père et devint un doreur travaillant beaucoup sur carrosse, en rapport constant avec les constructeurs de véhicules, charrons, menuisiers, forgerons, charretiers. Son beau-père avait un ami transporteur, Blaise van Ryssel, dont le fils, également prénommé Blaise, fréquentait d'autant plus assidument Jean, devenu bourgeois de Bailleul, qu'il était un peu amoureux de Suzanne. Puis Jean tomba malade et mourut en 1614. Il n'avait pas quarante ans. Blaise, qui n'attendait que cette occasion, épousa Suzanne en février 1615. Ils vécurent parmi les chevaux et fréquentèrent tous les milieux qui en faisaient usage.
Au moment du deuxième mariage, Suzanne attendait son neuvième enfant. Il est impossible de savoir qui, de Jean ou de Blaise en était le père, mais il fut baptisé Jooris [Georges] van Blarenberghe, en 1615. Je crois personnellement qu'il fut bien le fils de Jean, car il était porteur d'une tare génétique rare, que l'on retrouve dans les autres branches de la famille, y compris dans la descendance d'Abram, dont elle a précipité la disparition. Cette tare est responsable, outre d'un nombre étonnant de naissances gémellaires, d'une létalité considérable des portées simples ou doubles.
Jooris grandit entre deux influences complémentaires, celle de son grand-père maternel au niveau de l'art et celle de son parâtre dans le domaine de la traction chevaline. Il n'y a donc rien d'étonnant au fait qu'il ait été attiré, dès l'enfance, par l'ornement des véhicules et qu'il ait fait de la peinture des carrosses son métier. Au début, sans doute, n'a-t-il appris à peindre des fioritures que dans le temps libre que lui laissait le charroi. Mais, avec l'aide de son grand-père, il ne tarda pas à acquérir le tour de main du peintre et à réaliser le dessin, à vrai dire fort simple, des armoiries sur les portières. Il se fit ainsi une certaine réputation que, par erreur, une tradition familiale attribue à sa descendance, alors que son fils a été accepté à la maîtrise comme peintre et poursuivi en justice en tant que miniaturiste.
Un épisode de la vie de Jooris nous est connu. Cela se passe au décours de la guerre de trente ans. Rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de vous raconter celle-ci. C'est si complexe que même les spécialistes s'y prennent les pieds et je vous avoue que je n'y ai jamais rien compris. Pour ce qui nous intéresse, alors que Louis XIII était en train de se pâmer en crachant ses poumons et que Richelieu attendait sa dernière heure en baignant dans la diarrhée qui devait l'emporter, ce dernier réussit, en 1639, à réunir une armée pour reconquérir les villes du Nord, occupées par les Espagnols. Ceux-ci donnèrent l'ordre de mobiliser tous les hommes valides pour défendre les Pays-Bas. De Bailleul, ils exigèrent 4.000 hommes, plus que la population mâle. Jooris et son frère aîné François furent mobilisés et, détail amusant, ils figurent plusieurs fois sur les listes, pour faire nombre.
Mais qui était ce frère ? Je vous ai déjà donné un exemple du manque d'imagination de l'époque qui menait à appeler François une kyrielle de descendants. Ce fut le cas ici encore. Ce François, après avoir eu des jumeaux et quelques autres morts en couches, eut un fils François, qui s'empressa de se donner un fils François-Guillaume. Ce dernier, un brouillon, devint chanoine de la cathédrale d'Ypres et se préoccupa de prouver son origine de petite noblesse flamande en faisant enregistrer son écu. Si on en croit la tradition et les documents, il fut le mêle-tout de la famille. Son frère et deux de ses sœurs prirent également le voile ou la soutane. Seule Adrienne, la cadette, s'envoya deux maris. Mais en plus de toutes ces saintes gens, il y eut trois grossesses gémellaires successives et deux autres naissances, tous morts en couches.

Jean et Suzanne eurent un troisième enfant survivant, une fille, Ghislaine, qui épousa un échevin issu de la haute bourgeoisie de Bailleul, le magistrat Joos Deheere,. La nomenclature de leur descendance est mal établie, mais on ne s'étonnera pas de constater que, sur huit enfants connus, on trouve, en succession, trois Jacques, ce qui montre que la tare n'était pas absente. Quand elle eut enterré son mari, Ghislaine, suivant la coutume, se remaria avec rien moins que le Seigneur et Maître du lieu, Jean Cauwersijn. De ces deux mariages, il lui échut de plantureux héritages dont le partage donna lieu à de furieuses contestations, assez peu compréhensibles pour une intelligence contemporaine. Ce fut son petit-neveu, le chanoine François-Guillaume qui mit le feu aux poudres. Je vous ai dit qu'il était avide de notoriété, car il fréquentait la haute bourgeoisie d'Ypres. Il fit donc enregistrer son blason, mais il lui fallait aussi le nerf de la guerre pour garder son rang. Or, il avait un esprit chicanier qui l'incita à procéder pendant des années, sous prétexte que des biens vendus par un tuteur pour le compte d'autres héritiers n'avaient pas été pris en compte à leur juste valeur. L'embrouille pour quelques doublons d'Espagne.

Mais revenons à notre lignée, c'est à dire à Jooris. C'est dans sa descendance que la malédiction des van Blarenberghe eut sa traduction la plus tragique : une véritable hécatombe. Nous ne savons pas en quelles circonstances il rencontra Marie Coolen, dont nous avons raconté l'origine plus haut. Elle vivait à Nieuwkerke, très proche de Bailleul, dans une pieuse famille de porte-soutanes. Le couvent ne l'avait pas tentée, mais peut-être y a-t-elle préféré l'enseignement, car elle nous apparaît fort instruite, comme toute sa fratrie. Je la vois très bien en institutrice, conservant sa vertu jusqu'à près de trente ans. Née en 1609, elle épousa Jooris en 1637 et, chose exceptionnelle pour ce temps, elle ne mit au monde son premier enfant que deux ans plus tard. Elle manifesta son haut degré de culture en tenant un journal méticuleux de ses grossesses et de ses échecs. Elle mit quinze enfants au monde, dont quatre morts en couches et trois grossesses gémellaires également létales. Finalement, il resta trois adultes valides, car une jeune fille fragile mourut à 17 ans et une petite fille anormale, confiée à une institution charitable, mourut en bas âge.

C'est vraisemblablement à l'instigation de Marie que Jooris et elle entreprirent des recherches généalogiques en 1665, en se basant principalement sur la visite des cimetières. Il faut se rappeler que Jooris était un enfant posthume et, quoiqu'il ait entretenu des relations très suivies avec son frère et sa sœur, il devait avoir le désir de retrouver ses assises génétiques. Il avait 50 ans à l'époque et l'on peut penser que ses enfants l'ont encouragé et aidé dans sa recherche. Ses garçons avaient 24 et 19 ans. C'est eux qui, plus tard, toujours sous l'impulsion de leur mère, entreprirent de confier au parchemin les premiers arbres généalogiques de la famille. Nous y reviendrons.

L'aîné des survivants, Jean-François, né en 1641, suivit un bon enseignement sous l'impulsion de sa mère et se consacra au dessin et surtout à la calligraphie. Il était d'un comportement exubérant, nous confie la spécialiste de l'histoire de cette famille, Annie Delatte, et il prit rapidement un ascendant protecteur sur son frère Henri, de cinq ans son cadet, handicapé, dont le caractère était plutôt timide, voire renfermé. J'ajouterai que les péripéties de la vie de ce couple incitent à penser que leur union fut intime.
Leur soeur Hélène est née en fin de série, en 1652. Elle fut gouvernante dans un château, ce qui explique son mariage tardif, à près de 40 ans, avec un membre de la petite aristocratie flamande, Pierre vande Sompel. Il n'est pas certain qu'elle ait gardé son innocence jusque là, mais on ne lui connaît pas d'enfant. Pierre et Hélène placèrent leurs économies en achetant une maison à Fontainebleau, où ils s'établirent. Pierre appartenait à une famille de juristes et sa pratique se situait à Paris.

Celui qui est dans notre lignée, c'est Henri. Dès l'enfance, il seconda son père dans son art et s'avéra doué pour le fignolage des détails et la représentation de personnages. Il fit son métier de la peinture et devint un habile miniaturiste, le premier de la dynastie. Ce qu'il y a de désolant, est que les personnages ornant un carrosse ou un mobilier ne peuvent qu'être éphémères. Il ne doit rester que quelques bas de vitrines ou de secrétaires datant de cette époque et il est douteux qu'ils portent une signature. De même, les miniatures étaient généralement des portraits en médaillon, dont on connaît le triste sort quand la personne représentée n'est plus reconnue. Certains marchands spécialisés peuvent vous en vendre à la douzaine. Ces portraits sont devenus anonymes et ont, de ce fait, perdu tout intérêt, hors le cadre doré.

Jooris mourut en 1670. Ses inséparables fils allèrent quérir fortune à Lille. Bailleul était trop petit pour eux. Leurs débuts furent piteux. Ils vivaient ensemble dans une chambrette donnant sur cour. Mais, Jean-François trouva assez vite à s'employer comme écrivain public, alignant les belles rondes et les fioritures et ornant les lettres de dessins suivant les voeux de ses clients. Henri eut plus de mal à s'imposer. Il était surtout peintre sur objets et travailla peut-être pour la faïencerie proche de son logis. Il donna sans doute quelques leçons de dessin ou de peinture car, à ma connaissance, pour obtenir la maîtrise qu'il a sollicitée et obtenue sous condition, il faut déposer un chef d'oeuvre, tout le monde sait cela, mais il faut aussi justifier du fait d'avoir eu un apprenti. C'est même le point principal. Et il est exigé d'avoir été, soi-même, apprenti puis compagnon. C'est pourquoi les maîtres étaient rares : en peinture, une vingtaine pour l'agglomération lilloise, alors que les peintres y foisonnaient.

Si nous avons la certitude que notre artisan était suffisamment sûr de son art pour postuler la maîtrise, nul n'a eu l'audace, jusqu'à présent, de lui attribuer une oeuvre. Sans doute n'a-t-il pas signé, en sorte que personne ne connaît son style et ne se risquerait à lui prêter la réalisation d'une quelconque oeuvre anonyme. Il ne faut pas désespérer. Il suffirait peut-être qu'un amateur éclairé se donne pour tâche d'enquêter sur les tableaux ou miniatures traînant dans les quartiers de Lille, pour qu'une découverte soit faite. Mais cela relève plutôt de l'archéologie. C'est pourtant ce que firent Jal ou Quarré-Reybourbon, alors que les peintres van Blarenberghe avaient bel et bien été enterrés par l'histoire. Avez-vous un demi-million d'Euros pour vous payer une de leurs oeuvres aujourd'hui ?
Vous trouverez plus loin une explication à propos des deux noms que j'ai cités.

En 1677, Marie Coolen vint rejoindre ses fils et s'installa avec eux. La conversation roula sur les origines de la famille. Marie avait apporté les résultats de l'enquête de 1665 et suggéra de les compléter. Un premier tableau fut établi, laissant des blancs pour les incertitudes et les ignorances. Il était basé sur les documents et les souvenirs de Marie et faisait une large place à sa progéniture. Il y eut dans celle-ci un décalage d'une année, qui rendait la naissance d'Henri impossible, mais nul ne le remarqua.

L'abbé François-Guillaume, lors d'une visite à ses oncles, peut-être pour leur annoncer son accession à la prêtrise, vit le travail des frères et prétendit le compléter. Là où l'en-tête racontait la fuite des deux petits garçons (Abram et Jean) de Lierre vers Bailleul, il barra ‘deux' et écrivit ‘trois' en marge et il fit ajouter une Catherine Blauwenberghe et sa descendance très approximative, dans un coin perdu. Il avait trouvé cette usurpatrice dans le relevé des bourgeois de la ville d'Ypres, où il officiait comme diacre à la cathédrale. Elle avait épousé un Dewulf ou Deleu, il ne savait plus exactement. En passant, il ajouta aussi le prénom d'un descendant d'Abram van Blarenberghe : ‘Cornelis, si j'ai bonne mémoire'. Enfin, il veilla à ce que sa dévote famille occupe une place importante, refoulant vers la droite la descendance d'Henri. Ce premier tableau généalogique est, en majeure partie, de la main d'Henri. Un nouveau tableau fut engagé, supprimant les mort-nés, ce qui donna la place d'ajouter Catherine et de mettre la famille du curé plus à l'aise. Ici, Henri commença par écrire le nom de son grand-père, pour en faire partir les jambages vers les écussons des descendants. N'étant pas sûr du prénom, il inscrivit '. . . . van blarenberghe' tel qu'il signe lui-même, d'une écriture ascendante, en sorte que, très curieusement, celui qui a ajouté un en-tête, d'une tout autre écriture, a dû tasser son texte vers le haut pour surmonter cette dérive.
Il existe encore deux autres tableaux.
L'un est visiblement un brouillon résultant de l'interrogatoire de Marie Coolen sur sa propre ascendance, évidemment réduite à son père et quelques réminiscences des origines Ente de sa mère. Elle y ajoute ce qu'elle sait de sa fratrie. Étrangement, il apparaît à l'évidence que la personne qui a rédigé ce texte n'est pas de la famille, à considérer le nombre d'erreurs d'orthographe des noms et, en particulier, la tendance à vouloir écrire obstinément ‘vande…', puis à barrer pour reprendre Coolen. Peut-être le gendre Vande Sompel ? Ou une main mercenaire… Car plus d'un est appelé ‘le seigneur Untel'.
Un quatrième tableau, qui n'est détaillé que sur Marie Coolen, nous donne l'arbre généalogique des Ente. Il est nettement postérieur aux autres, paraît résulter des renseignements pris dans le précédent et pourrait être l'œuvre d'une femme. Hélène ?

Cette chère Marie Coolen rendit sa belle âme au Seigneur le 9 septembre 1685.

Il arriva un moment où Jean-François fut las de devoir courir partout pour veiller sur son frère et l'entretenir. Il était probablement malade. La tuberculose, cette tueuse lente, ravageait les villes à l'époque. Il décida de marier Henri. Ce n'était pas facile, car ce dernier était un peu sot et probablement difforme. C'est dans les milieux du cheval, qu'il continuait à fréquenter, que Jean découvrit un sellier de Courtrai, Jules Verkampt, qui n'arrivait pas à caser sa fille de 31 ans, Jaklenne, probablement pas belle non plus. Le mariage eut lieu, amenant une jolie dot, le premier décembre 1690. Henri, dans le contrat, fut déclaré marchand-peintre. Il avait 44 ans.

Notons en passant que ceux qui en font un simple « peintre de carrosse » commettent une grossière erreur, car l'acceptation de sa demande de maîtrise et sa reconnaissance en tant que miniaturiste en font un artiste au plein sens. Jaklenne s'affaira immédiatement à se créer une postérité. Le 21 octobre 1691 naquit l'illustre Jacques-Guillaume.
Et c'est ici que le doute s'introduit. Car, dans la postérité de ce dernier, la malédiction qui signait la paternité des van Blarenberghe a disparu. Il y a bien eu 10 mois entre le mariage et sa naissance, mais ce n'est pas une garantie valable. Chaque chrétien a la faculté d'ondoyer son enfant et de le faire baptiser quelque temps après, le certificat de baptême faisant foi à l'époque. Les deux enfants suivants ne naquirent que 4 et 5 ans plus tard et étaient ratés.
Si j'écrivais un roman, je vous raconterais que Jaklenne, lasse de promener sa vertu, avait cédé à l'amour d'un homme qui ne pouvait l'épouser (pourquoi pas son père ?).
Dans son inquiétude, son père lui acheta précipitamment un mari de convention, portant son choix sur un être un peu monstrueux et fruste, mais de bonne composition. Après le premier enfant, issu de l'amour, elle ne céda à son triste époux que quatre ans plus tard, pour se heurter à la tare des van Blarenberghe.
Un épisode amusant et qui conforte mes suppositions est que, alors que le prix d'achat du mari était convenu devant notaire, ce dernier fut sorti du lit à la première heure le jour des noces pour établir un avenant reprenant les apports de Henri à la communauté, tout à fait insignifiants, car il n'avait que ses pinceaux. Il semble évident que les femmes ont fait une histoire parce que le « traité » s'apparentait trop évidemment à un achat de mari. Il fallait une contrepartie, fût-elle virtuelle.

Enfin, Jaklenne mit au monde, le 21/09/1697, Marie-Claire Hélène.
Nous devrons certainement nous intéresser quelque peu au curriculum de cette dernière. Je le fais sur la pointe des pieds. Sa mère Jaklenne mourut en 1710 et son père Henri suivit celle-ci rapidement dans la tombe, en 1712. Marie-Claire avait 15 ans et son frère 21. Ce dernier, quoique mineur, la majorité étant fixée à 25 ans, devint ainsi chef de famille. Son oncle Jean-François s'était éteint, ‘jeune-homme', en 1704.
À la mort de son épouse, Henri avait engagé une petite servante picarde, Marie-Claire Delemotte, qui fut probablement celle qui apporta un rudiment de langue française dans cette famille dont le flamand est resté la langue d'usage jusqu'au 19e siècle. Toutefois, comme elle était analphabète, elle ne put transmettre qu'une langue purement orale, en sorte que les écrits en français de ses descendants sont un charabia innommable. Il arriva un jour qu'elle se trouva enceinte par la grâce d'on ne sait qui. Sans doute pas du fait de Jacques, car celui-ci se contenta de garder la prégnante à son service. Il ne l'épousa qu'après que l'enfant fut morte. Étouffée ? On doit pourtant, en passant, se demander comment Jacques et Hélène, tous deux largement mineurs, avaient été mis sous tutelle.

Ce que devint Marie-Claire Hélène est difficile à démêler. Elle a vécu un moment en compagnie de sa belle-sœur Marie-Claire, ce qui devait donner lieu à des quiproquos. Puis nous ne la suivons plus mais il est possible qu'elle ait donné naissance à un enfant illégitime, qui fut baptisé du nom de Jean-Paul Morel(t). L'aurait-t-elle mis au monde à Paris, comme il l'a prétendu, ou plutôt à Lille ? Tout ce que nous savons, c'est qu'une famille de peintres du nom de Morel habitait non loin des van Blarenberghe et les fréquentait.
Quoiqu'il en soit, l'enfant aurait été confié en nourrice à Marie-Claire Delmotte, qui l'aurait élevé avec les siens, lesquels l'ont toujours considéré comme un frère. Il est possible que ce fils de personne ait ajouté fièrement le nom de sa mère au sien pour s'appeler, plus tard, Jean-Paul Moret de Blaramberg. Nous verrons que les papiers officiels qu'il portait quand il vint habiter la Suisse étaient au nom de Paul Morel, nom qu'il porta et que porta son épouse, mais la métamorphose prit corps petit à petit et se fixa en Allemagne. Quant à sa présumée mère, M.C. Hélène, elle préféra disparaître, car la vie d'une mère célibataire était une tragédie à cette époque. On ne la retrouve que bien plus tard à Bruxelles, aux funérailles de son mari Philippe Lemeter, le 4 septembre 1752, dont le nom se transforma, à cette époque, en Lemaistre d'Anstaing, par achat du château.
En poussant un peu l'enquête et en se permettant des conjectures, on découvre, d'une part, que Paul Morel, lorsqu'il se maria en Suisse, déclara être le fils d'un Louis-Simon Moret, être originaire de Lille, mais être né à Paris. Or, l'experte Annie Delatte a découvert un peintre parisien ayant vécu à cette époque et portant ce nom de Louis-Simon Moret. Une source nouvelle à transformer en puits ?

Jacques, le frère de Marie-Claire, tombé dedans quand il était petit, devint un peintre doué d'un certain talent qui fit la réputation de la famille. Ce n'est pas l'endroit d'énumérer ses oeuvres. Il y a suffisamment de pseudo-spécialistes pour se disputer les attributions. Peut-être un jour mettra-t-on un peu d'ordre dans ce fatras.

Une contestation amusante surgit en raison du fait que les miniaturistes n'étaient pas considérés comme peintres et n'appartenaient à aucune confrérie.
Le corps des peintres poursuivit en justice deux miniaturistes, dont Jacques, pour les obliger à cotiser, sous prétexte qu'ils utilisaient aussi un pinceau. Les peintres affirmaient que des « mignaturistes » avaient été membres de leur confrérie dans le passé et avaient déposé des chefs d'oeuvre. Ils en citèrent quatre, dont son père Henri, qui figureraient dans leurs registres. On sait qu'Henri ne remplit jamais les conditions de maîtrise. Il en était peut-être de même pour les autres. Le juge renvoya l'affaire à une date ultérieure en priant les demandeurs de prouver leurs assertions sur la foi de documents. Ils ne le purent et la cause fut éteinte. Le curieux de la situation est que cela prouve bien qu'Henri n'avait pas rempli les conditions pour obtenir la maîtrise qu'il avait sollicitée, alors que son fils, le rebelle du moment, y accéda plus tard.

Un petit interlude est nécessaire ici pour éclairer la lanterne de ceux qui n'ont jamais plongé le nez dans ces âges farouches ou qui ont oublié.
Il ne faut pas croire, comme je l'ai lu parfois, que Napoléon fut l'inventeur de la régulation sociale parce qu'un code porte son nom. Il est évident que cette petite brute avide de sang n'avait aucune connaissance en droit et qu'il a confié, pendant qu'il allait tuer, le soin de rédiger ce code à de grands esprits.
Il existait, avant cette intervention, outre une application quelque peu altérée du code romain, une réglementation très serrée, touchant tous les individus et les organisations. Le système des corporations est un des plus connus. Je rappelle que les corps de métiers réunissaient ceux qui pratiquaient librement une profession, les autorisant, en particulier, à récolter des « droits » parfois considérables.
Pour accéder à la maîtrise, il fallait être passé par l'apprentissage et avoir été reçu comme ‘compagnon', ce qui valait constat de capacité. Dans de nombreux métiers, artistiques ou techniques, il fallait en outre offrir un ‘chef d'oeuvre' qui permettait de se parer du titre de ‘Maître', qui est resté de nos jours attaché à certaines professions artistiques et aux avocats, par exemple.

La vie familiale de notre peintre est surtout riche en épisodes humains. Après le décès de l'enfant illégitime de Marie-Claire, il ne se contenta pas de protéger la parturiente, il accepta de légitimer ce petit cadavre par le mariage. Il a montré là beaucoup de délicatesse, comme il en montra peut-être en adoptant son neveu, fruit des galipettes de sa sœur. Il eut huit enfants légitimes dignes d'intérêt pour la plupart. Il faut redire ici qu'ils furent pratiquement tous en bonne santé et qu'il n'y eut plus de jumeaux dans la descendance. Mais il y eut une curieuse répétition, au bout de ce mariage, de ce qui s'était passé au début.
Son épouse étant ménopausée et lui-même étant torturé par le démon de midi, à 47 ans, il s'éprit d'une petite couturière lilloise, Marie-Jeanne Bassecour, âgée de 22 ans. Ce qui devait arriver arriva. La grossesse se termina par la mise au monde d'un beau bébé qui fut gratifié des prénoms de Jacques-Louis, lors d'une cérémonie de baptême dont seuls un frère et une soeur de la parturiente furent témoins. Toutefois, l'inscription au baptême faisant foi, le patronyme fut légitimement déclaré van Blarenberghe. L'enfant fut escamoté par les grands parents maternels et on n'en parla plus pendant quarante ans.

Sous la pression de son père, Louis–Nicolas, qui avait 23 ans et une vie de gloire en perspective, épousa le mois suivant l'imprudente Marie-Jeanne, en ignorant ses frasques antérieures, on peut le croire, car il ne reconnut pas l'enfant, comme l'avait fait son père en des circonstances analogues. Cet innocent, quand il arriva à la fin de sa vie, apprit soudain l'existence de cet homme qui était à la fois son frère et le frère de ses enfants. Il obtint une décision de justice déclarant que l'enfant était légitimé par le mariage subséquent. Quelle affaire ! Le père naturel et la mère étaient décédés et la famille Bassecour en avait profité pour se placer au nombre des héritiers de Louis-Nicolas, qui s'était bâti une belle position. Celui-ci fit contre mauvaise fortune, bon coeur. Mais le traître périt avant lui. On ne peut pas exclure, il est vrai, que ce soit tout au contraire Louis-Nicolas qui ait voulu hériter de Jacques-Louis, mort sans descendance.

Louis-Nicolas suivit les traces de son père et devint un peintre plutôt médiocre, à vrai dire, mais un miniaturiste d'une étonnante dextérité. Il profita ainsi de la vogue des tabatières et bonbonnières qui étaient ornées de jolies images, comme les boîtes à biscuits le furent de nos jours. Bien des peintres s'adonnaient à ce genre d'industrie, mais Louis fut parmi les meilleurs. Il y mettait son temps, très surchargé, car il avait l'obligation de remplir son emploi de peintre des ports et des batailles pour le compte des Ministères de la Marine ou de la Guerre. Pendant quelques années où il fut engagé exclusivement à exécuter des tableaux pour orner le cabinet du Roi Louis le seizième, on constate qu'il n'en livrait que deux par an. Il consacrait donc un nombre respectable de mois à réaliser une oeuvre, tandis que son fils prenait en charge la clientèle privée.

Parlons de ce fils, plus doué que le père et plus rapide au travail. Il était né en 1750 et fut baptisé Jean-François-Henri-Joseph.
Les deux derniers prénoms sont ceux d'un premier fils, en qui Louis voyait son successeur et qui mourut à cinq ans. Cette mort avait été très douloureusement ressentie par le père.
Il ne faut pas oublier l'époque que vivent nos personnages, où la naissance d'une fille était regardée comme un coûteux malheur. Les dots à verser pour les marier creusaient les budgets. On tâchait d'en envoyer le plus possible au couvent, où l'entrée coûtait trois fois moins cher ; ou bien, si l'on était trop dépourvu, on laissait un peu vaguer les filles, dans l'espoir qu'elles ‘tombent' enceintes et que ce soit à l'homme qu'incombe la réparation. Pour les petites paysannes, la solution souvent choisie était de les envoyer en service chez des bourgeois, avec l'espoir, rarement déçu, que leur patron leur fasse un enfant, ce qui rapportait une forte indemnité et un revenu non négligeable à la demoiselle qui pouvait, pendant quelques années, pratiquer le métier très rémunérateur de nourrice, à une époque où on n'avait pas inventé le lait en poudre. Par contre, la naissance d'un fils était considérée comme une bénédiction.

Louis–Nicolas eut aussi un frère tardif, un de ces accidents de la ménopause, Henri-Désiré, né en 1734, dont il fut le parrain. Il faut nous arrêter un instant à ce frère. Que fut-il ? On aurait tendance à répondre : rien !
Il semble n'avoir été qu'un clochard alcoolique, rejeté par sa famille et habitant un quartier pauvre de Paris. Pour certains, il aurait pu être un de ces peintres ou dessinateurs tels qu'on les voit encore de nos jours sur les quais de la Seine ou à la place du Tertre. Mais il n'existe aucune preuve qu'il ait jamais tenu un pinceau en main, en dépit des tentatives, de la part de commentateurs et surtout de marchands, de lui attribuer des oeuvres anonymes et douteuses. On peut comprendre ce travers, quand on pense à la grande renommée passée de ce pauvre homme. Une gloire usurpée dont il fut crédité par erreur. Cela mérite d'être conté, car l'histoire est jolie.
J'avais eu l'étonnement, dans les recherches sur ma famille orientale, de constater que, dans ces régions lointaines, Henri-Désiré était considéré comme un des plus grands miniaturistes de tous les temps. On parlait de ses travaux pour l'impératrice Catherine II de Russie, etc. Je n'ai eu que plus tard l'explication de cette méprise.
Ce fut un nouveau curieux remuant qui corrigea cette monumentale erreur. En 1906, L.Quarré-Reybourbon, avec l'aide d'un archiviste, Georgea Tassez, rétablit correctement la généalogie de la famille de peintres, allant jusqu'à dénoncer la fraude sur l'âge de Henri-Joseph. Mais il faut constater que certains s'obstinent dans l'erreur un siècle plus tard.

Le 19ème siècle connut une rage de l'encyclopédie. Tous les rentiers ayant un peu de culture se mirent à rédiger des dictionnaires plus ou moins ciblés sur l'histoire, la géographie, la biographie, l'art ou les sciences naturelles. C'était la course à qui sortirait ses volumes [2 à 12] le premier. J'ai quelques-unes de ces encyclopédies, j'en ai consulté d'autres et on peut aujourd'hui en trouver qui sont numérisées sur le web. On constate que, dans l'ardeur d'arriver au bout de ce lourd travail, la copie fut de rigueur. Il faut bien puiser la science quelque part, que voulez-vous. Plus d'un de ces ouvrages s'arrête à une lettre, car ce travail, réparti sur des années, réclamait une durée que l'auteur n'a pas toujours tenue.
Parmi ceux-ci, il y eut Auguste Jal, qui rédigea, sur un ton que lui envieraient bien des journalistes, son Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, publié en 1872. Ce Jal avait rêvé de naviguer et s'était engagé dans la Marine, mais il en fut expulsé pour propos séditieux. Son remords de ne pas être devenu marin le poussa à écrire sur la navigation, avec un certain bonheur, et cela lui valut d'entrer au ministère de la Marine où, montant en grade, il devint conservateur des archives. C'est là qu'il tomba sur le nom oublié de van Blarenberghe et lança des recherches le concernant. Le malheur voulut que ce patronyme fût toujours cité sans prénom et que notre Auguste commit l'énorme bévue de confondre Louis-Nicolas avec Désiré, dont il avait trouvé des données privées, comme son mariage ou sa mort lamentables.
Louis-Nicolas, homme sans histoire, menant une vie effacée, besogneuse, le nez dans ses pots de couleurs, n'avait laissé aucune trace voyante. Et voilà comment Désiré fut promu, par erreur, au rang de grand miniaturiste du 18ème siècle. En fait, avec son ami Joux, rapin inconnu, il fut un pilier de cabaret et, quand son camarade mourut, il épousa sa veuve et lui fit un fils qui ne vécut pas longtemps dans cette atmosphère. Ce pauvre Désiré a tout raté, même sa mort dans un hôpital pour miséreux.

Louis-Nicolas, dit 'Le Grand' par ses descendants, n'a vraiment pas brillé par ses vues de batailles, que personne ne voudrait pendre dans son salon, ni par ses quelques vues de ports militaires, qui furent maintes fois recopiées dans son atelier et qui n'ont qu'une valeur anecdotique. Sa peinture de genre, ses mignardises relèvent de l'imagerie et rappellent l'origine de l'art familial qui se complaisait dans l'ornement de carrosses et de mobilier. Ce n'est pas du grand art. Qu'est l'art après tout ? C'est l'ouvrage de l'homme, d'un autre animal ou de la nature qui provoque en nous une émotion. Et quand il s'agit d'un peintre ou d'un musicien, on attend que son oeuvre nous traduise sa personnalité, pour autant qu'il en ait une.

« L'art se situe dans l'intervalle, mince comme la peau, qui sépare la vérité du mensonge » (Sugimori Nobumori)
Or, l'art de Louis-Nicolas cherche avant tout à coller à la vérité le plus étroitement possible, jusqu'au détail le plus ténu. Et on peut même dire que dans son besoin de serrer le naturel, il va trop loin, il en rajoute. Les chevaux se cabrent sans arrêt, les ciels se voilent exagérément, les personnages prennent des attitudes théâtrales. Tout cela tente de nous parler, mais est logorrhéique. On sent qu'un certain nombre d'attitudes ou que la reproduction de la nature ont été longuement préparés par esquisses, puis arrêtés une fois pour toutes et reproduits à foison. Cela fait souvent penser à de la décalcomanie. Quant aux miniatures sur boîtes, elles sont trop souvent des natures mortes, des photographies de châteaux ou de jardins publics. Que reste-t-il à admirer ? La minutie, le tour de force, la prouesse. Cela me donne envie de copier ici ce que j'avais écrit après avoir contemplé une quarantaine d'oeuvres conservées au Louvres :
« …Je voudrais, au décours de cette histoire de peintres, sortir de mon rôle et donner un avis d'humeur sur ces derniers. Ils sont entrés dans la carrière quand leurs aînés n'y étaient plus. Je veux parler de cette explosion picturale révolutionnaire de la Renaissance. La comparaison leur est très défavorable. La pauvreté de l'inspiration, le manque total de souffle apparaissent crûment, même si on peut reprocher à un Rubens ou à un Michel-Ange un excès de souffle qui fait parfois sauter le couvercle. Car on trouve plus à boire et à manger dans la grandiloquence que dans la minutie.
Nos peintres ne sont en réalité que des illustrateurs de mignardises, bien incapables de créer en nous le choc émotionnel qui est le but même de l'art. Vous me direz qu'un Brueghel est aussi un illustrateur de son temps, mais il nous a montré des êtres vivants et avec humour, alors que pour les van Blarenberghe, tout le monde il est beau, tout le monde il est marquis.
Qu'éveille en nous l'oeuvre de ces peintres? De la curiosité ! Mais la curiosité est-elle une émotion ? Je serais tenté de dire que, dans ce qu'elle a de méticuleux, elle est à l'opposé d'une émotion. Je veux parler de ce sentiment indicible que l'on ressent devant Vermeer, Brahms ou Baudelaire et qui ne tient à rien de déterminé. Chercher la béatitude, à la loupe, devant un van Blarenberghe me paraît une plaisanterie.
Peut-être est-ce sévère, mais je ressens plus d'émotion à déguster un savarin qu'à contempler un van Blarenberghe.
Et je ne parle pas des incroyables erreurs d'ombre, de perspective ou de proportions Cela n'a qu'une importance secondaire et tout le monde n'est pas Rembrandt…»

J'ajouterai que le travail « à la demande », qui fut toujours celui de L.N. van Blarenberghe, caractérise l'artisanat. L'artiste, lui, traduit sa personnalité dans son inspiration personnelle. Mais L.N. fut un fonctionnaire et, à ce titre, il ne fut jamais reconnu comme peintre.

Louis-Nicolas a eu 7 enfants, si l'on décompte le premier qui n'était pas de lui et le dernier qui tua sa mère en décembre 1751. Ce fut l'accoucheur qui le baptisa dans le ventre de sa mère. Louis, qui était un homme très sensible, s'en voulut de ne pas avoir été présent aux derniers moments d'une femme qu'il avait appris à aimer. Il n'avait que 35 ans, mais ne se remaria point et quitta Lille avec toute sa petite famille, à l'exception des plus petits, confiés à sa mère. Il abandonnait ainsi la pratique fructueuse que lui avait léguée son père. Toutefois il avait consacré beaucoup de temps à suivre les batailles de Louis XV dans la région du Nord et aux Pays-Bas et à en faire des reportages en images. La bataille de Fontenoy l'avait particulièrement marqué et son atelier en peignit les réminiscences tout au long de sa vie. Quant au Roi, ses conquêtes tournèrent en eau de boudin et la France en sortit ruinée.
Entre-temps le héros de notre histoire avait réussi à se faire connaître dans le milieu militaire. Ce sont ces nouveaux protecteurs qui le poussèrent à se rendre à Paris, avec la promesse d'user de leurs relations pour épauler sa carrière. Il déménagea en 1752 et se lança immédiatement dans l'industrie des boîtes précieuses, qu'il ornait de gouaches sur vélin. Il devint rapidement un acrobate du pinceau et créa des pendentifs ou des bagues grouillant de personnages que l'on ne distinguait qu'au moyen d'une forte loupe. Ces objets d'emploi courant ont évidemment disparu en grand nombre. Ceux qui restent sont parfois des réussites remarquables.

Il nous faut maintenant en arriver au fils de Louis, Jean-François-Henri-Joseph.
Né en 1750, il était encore un nourrisson quand son père s'installa à Paris. Mais on peut compter qu'il fut un attentif apprenti dès son plus jeune âge. Son instruction et son éducation furent tout à fait négligées, comme il était de tradition dans cette famille, où le quotient intellectuel était en dessous de la moyenne et la culture nulle. Je voudrais ici faire une remarque. J'ai fréquenté bien des artistes, peintres ou comédiens particulièrement, et j'en ai vu beaucoup interviewés à la télévision. J'ai cru pouvoir déduire de ces contacts que l'élan vers l'art va de pair avec une certaine paresse intellectuelle. Léonard de Vinci nous a prouvé qu'il n'en était pas toujours ainsi. Mais il fait figure d'exception.
Je voudrais vous offrir ici une petite gâterie. Je vous transcris littéralement une lettre spontanée du ‘Grand' Louis Nicolas, bien en cour et fréquentant le gratin :
« … Monsieur,
Je vous ay fait atandre bien lontans après votre miniature : mais je ne vous cache poin que je lavais obliee par a sare elle se trouve sous ma mains, je vous Endemande pardon du lontans : vous deve lavoir reçus ou cela ne dois poins tarde. Je vous lenvois sous le contresing du Ministre pour quel vous arive plus surremem. Jay fait ce que j'ay crus necesair. Je ne croi poins vous voir encor cette étée à lille ; je croi que vous a le voir ce mois Bien du changement dans votre garnisons : je ne se point si les troupe sons bien contans ; suive vous toujours la peinture. Les peintres son tille contans cons leur a oté leurs metrise j'y (illisible) tous le Monde poin contans su tous les six cors : je croy pour Moi que tous cela et un bien ; des respe a Madame ; jay l'honneur d'aitre. Monsieur, votre très humble et très obeisant serviteur.
Paris, ce 2 avril 1776… »

Louis-Nicolas, petit personnage parmi les grands, fut en tout cas habile à placer ses enfants. Deux de ses filles entrèrent dans le Saint des Saints de la royauté en devenant berceuses des enfants royaux. Mais en ce qui concerne JFHJ, il y avait une difficulté à surmonter pour le faire entrer au palais à son âge. Louis-Nicolas, quand Madame de Guéméné, avec le contreseing de Louis XVI, lui offrit la fonction en subsistance de maître de dessin des enfants royaux, c'est-à dire des sœurs du roi, déclina cet honneur en raison de l'importance de ses charges ministérielles et de ses déplacements fréquents. Il proposa son fils en qui il avait toute confiance, mais il fut dans l'obligation de le vieillir par un subterfuge qui nous apparaît vraiment dangereux. Il fit endosser à Jean-François l'identité de son regretté premier fils, ce qui le vieillit officiellement de 9 ans. Le nouvel Henri-Joseph entra si bien dans la peau de son personnage qu'il maintint cette usurpation jusqu'à son lit de mort.
Il donna surtout ses leçons à Madame Élisabeth, qui s'avéra douée. Il séduisit la lectrice de son élève et épousa Charlotte Damesme en grande pompe. Elle avait 21 ans et lui, en réalité, 34, mais s'en octroyant 43. Vous voyez que, quand on y regarde de près, à tous les niveaux on triche et on trompe.

Henri-Joseph, plus doué que son père, fut un peu étouffé par le chef de famille qui était le porte-drapeau de la gloire des van Blarenberghe. Il mit plus de vie naturelle et moins de grimaces dans ses oeuvres, tout en adoptant une structure moins conventionnelle. Les arbres au tronc nu de hauteur exagérée disparaissent, les chevaux ne se cabrent plus, les personnages ont des gestes moins théâtraux, tout en ayant de la personnalité ; les ciels prennent des teintes possibles. On peut voir ce progrès dès les esquisses crayonnées attribuées à ce peintre. En fait, Louis-Nicolas ne fut qu'un amuseur, alors que son fils est un artiste qui a une personnalité à traduire. C'est à ces subtiles nuances que l'on peut distinguer l'oeuvre de ces peintres. Mais l'un et l'autre se laissèrent aller à la mièvrerie appréciée à l'époque. Il fallait bien satisfaire le client…
Quand Henri-Joseph se permit de signer un tableau ‘van Blarenberghe le fils', on peut se demander si c'est par humilité ou par défi.
Si l'on veut faire un bilan de la production de ce couple de peintres, on peut considérer que la ‘boîte de Choiseul' est un des trésors de l'humanité. Le reste ne vaut pas tripette.

Je voudrais dire en passant ma déception en ce qui concerne le premier livre de Madame Maillet, si documenté. Je ne parlerai pas des nombreuses erreurs historiques dont la responsabilité incombe à ses conseillers, mais il est regrettable que l'impression des illustrations soit d'aussi mauvaise qualité. Cette étude méritait un meilleur éditeur.
Revenons à la dynastie. J'ai dit plus haut que deux des filles de Louis-N. avaient eu l'honneur de travailler pour la couronne et de bercer ces malheureux enfants de Louis XVI. Je ne sais pas si les années consacrées à changer des langes au moindre pipi ou caca de leurs augustes protégés les a dégoûtées d'avoir des enfants. Toujours est-il qu'elles restèrent célibataires.
Quand les enfants royaux ont eu fini de pisser dans leur froc, elles quittèrent le métier, probablement parce que leur intellect n'était pas préparé à d'autres tâches. La cadette, Marie-Elisabeth (1747-1826) disparut dans la nature avec ses économies et, plus tard, sa part d'héritage. Les choses ne furent pas aussi simples pour Catherine (1744-1823), qui se retira dans un patelin campagnard où elle devint gardienne dans un pensionnat de jeunes demoiselles.

Survint la Révolution, vous savez bien : ce qui fut, avec Auschwitz, une des pires abominations de l'histoire de l'humanité. Le gouvernement français trouva bon d'organiser des fêtes grandioses pour marquer le 200ième anniversaire de cette horreur qui n'aboutit qu'à créer une dictature qui ensanglanta toute l'Europe. Je vous promets qu'un jour on fêtera Treblinka, quand l'Islam aura terminé sa conquête de l'Occident en tirant avec des utérus plutôt qu'avec des canons.
Mais revenons à notre sujet.
Les créateurs de la République Une et Indivisible cherchèrent noise à la pauvre Catherine, pour avoir été une employée du tyran et une amie des curés. On la fourra en prison pour toute une année et on lui rafla ses économies cachées dans un tiroir. Sa cousine germaine avait épousé un fileur de lin ou de chanvre, riche industriel, qui se dévoua pour prétendre que l'oseille lui appartenait et qu'il l'avait fourguée chez sa cousine pour la mettre à l'abri. En vain. C'est tout juste si on ne l'a pas poursuivi pour avoir voulu mettre ses sous à l'abri des honnêtes révolutionnaires.
Au bout d'un an, il y eut procès et c'est une pétition des habitants de son village qui permit à Catherine de sortir du cachot, non sans qu'elle ait, dans une palinodie vomitive rédigée par son avocat, assuré le tribunal de ses sentiments révolutionnaires, de sa haine du tyran et de sa passion pour la République Une et Indivisible. Finalement, elle récupéra son trésor, qui fut restitué à son cousin.
Continuons le fil des générations.
Ce brave Louis-Nicolas, que la trouille avait poussé à se réfugier à Fontainebleau après avoir brûlé les papiers de famille de peur d'être reconnu comme aristo et de pendre à une lanterne, mourut de sa belle mort le 1ermai 1794. Henri-Joseph continua leur oeuvre avec un certain talent, mais se réfugia à Lille, terre des ancêtres. Il y fut bien accueilli et on lui confia le soin d'y garnir le Musée avec les oeuvres d'art que les massacreurs révolutionnaires et impériaux avaient volées par charrettes entières, particulièrement en Belgique et en Italie. Il se fit un honneur de ne rien restituer. Le temps des bonbonnières étant révolu, les tâches administratives étant absorbantes, la production artistique de ce peintre fut très réduite pendant cette longue période post-révolutionnaire. Il donna des leçons de dessin.
Je crois aussi que l'élan artistique était brisé après la perte de son tuteur et que sa mentalité fut celle d'une fin de règne des van Blarenberghe. Il eut deux filles et on sait le peu de cas que l'on en faisait à son époque. Le nom tombait ainsi en quenouille. Il habilla Diane-Hélène (1786-1853) en garçon et lui enseigna la peinture. Elle montra un vrai don, mais fut plus préoccupée de futilités que d'une carrière. Elle donna des leçons particulières de dessin.
Tandis que Napoléon traînait les pieds près de Moscou, elle tomba amoureuse d'un habitant d'Amsterdam et l'épousa avec une certaine gêne, le 29/11/1812. Il s'appelait Alexandre-Charles Torchon (1777-1853). C'était un expert financier qui ne tarda pas à devenir directeur des contributions à Lille. Grâce à son beau-père, il obtint la concession des dépôts de tabac. Mais il vivait un peu en prince consort et se faisait appeler du nom de sa femme, qui, mariée à 26 ans, tard pour l'époque, avait eu le temps de se faire une place dans la société lilloise. D'autre part, ses enfants se faisaient probablement abreuver de quolibets. Il prit ombrage de cette situation et, par quelques actions judiciaires bien menées, il obtint de garder son nom d'emprunt et de le transmettre à ses enfants.
Et voilà un joli coup qui remet en selle le nom des van Blarenberghe. Il devait finir tragiquement.
Ce couple eut deux enfants. Alexandrine-Charlotte épousa un médecin militaire, professeur à l'université, Joseph-Auguste Fabre. Vous en verrez une photo amusante, certainement impromptue, car vous remarquerez qu'il tient sa casquette de la main gauche, alors que la droite lui sert à maintenir son gilet dont le bouton a sauté quand il s'est assis. Les Fabre n'eurent que deux filles. On voit ici l'évolution des esprits et le désir des femmes de ne plus être des reproductrices à la chaîne.
Le deuxième enfant fut un garçon. Henri-François (1819-1906) fit de brillantes études d'ingénieur des ponts et chaussées et devint directeur des chemins de fer de l'Est, officier de la légion d'honneur, etc. Cet excellent homme fut, à l'occasion de la construction d'une voie ferrée en Russie, en relation avec sa famille lointaine, dont un général célèbre et un ministre de la justice, grand-père de l'auteur de ces lignes, qui espère avoir le temps et le courage de vous conter cela un jour. Henri épousa une veuve Amélie Brunet, qui n'avait pas son éducation, et qui lui donna un fils, également prénommé Henri. Voilà les personnages du drame.
Henri-François avait précieusement serré dans une armoire, dont il était seul à posséder la clé, une collection d'oeuvres de ses ancêtres. Il en était à ce point avare qu'il refusait de les prêter aux expositions, de crainte que l'une d'elles ne fût endommagée. C'était obsessionnel. Il mourut très âgé, non sans avoir, quelques années plus tôt, fait un don notarié de son trésor à sa femme et à son fils célibataire, avec recommandation de léguer ces objets au musée du Louvre.
Que se passa-t-il après sa mort ? Amélie a-t-elle vendu certains objets ? Toujours est-il qu'Henri junior a fui la maison et a erré pendant des mois en montrant les signes d'un profond désarroi. Comme son père, il était ingénieur et avait une magnifique situation. Après ces mois d'égarement, Henri rentra chez lui, poignarda sa mère, puis se suicida avec des armes diverses, car il se rata plusieurs fois. Ce drame fut raconté par Proust, le romancier divagant, dans un article paru dans la presse.
«…En m'éveillant je me disposais à répondre à Henri van Blarenberghe. Mais avant de le faire, je voulus jeter un regard sur le Figaro,…et je commençais avec calme la lecture d'un fait divers que son titre : « Un drame de la folie » pouvait rendre particulièrement propre à la vive stimulation des énergies matinales, quand tout d'un coup je vis que la victime, c'était Mme van Blarenberghe, que l'assassin, qui s'était ensuite tué, c'était son fils Henri van Blarenberghe, dont j'avais encore la lettre près de moi, pour y répondre : « Il faut espérer toujours... Je ne sais ce que me réserve 1907, mais souhaitons qu'il nous apporte un apaisement », etc. Il faut espérer toujours ! Je ne sais ce que me réserve 1907 ! La vie n'avait pas été longue à lui répondre.
« En arrivant au palier qui interrompt la course de l'escalier entre le premier et le second étages, dit le Matin, ils (les domestiques que dans ce récit, peut-être d'ailleurs inexact, on n'aperçoit jamais qu'en fuite et redescendant les escaliers quatre à quatre) virent Mme van Blarenberghe, le visage révulsé par l'épouvante, descendre deux ou trois marches en criant : «Henri ! Henri ! qu'as-tu fait ! » Puis la malheureuse, couverte de sang, leva les bras en l'air et s'abattit la face en avant... Les domestiques épouvantés redescendirent pour chercher du secours. Peu après, quatre agents qu'on est allé chercher, forcèrent les portes verrouillées de la chambre du meurtrier. En dehors des blessures qu'il s'était faites avec son poignard, il avait tout le côté gauche du visage labouré par un coup de feu. L'œil pendait sur l'oreiller. »
Malgré ses horribles blessures, Henri van Blarenberghe ne meurt pas tout de suite. Et je ne peux m'empêcher de trouver bien cruel (quoique peut-être utile, est-on si certain de ce que fut en réalité le drame?) le geste du commissaire de police. « Le malheureux n'est pas mort. Le commissaire le prit par les épaules et lui parla : « M'entendez-vous ? Répondez ». Le meurtrier ouvrit l'oeil intact, cligna un instant et retomba dans le coma. » A ce cruel commissaire j'ai envie de redire les mots dont Kent, dans la scène du Roi Lear, arrête Edgar qui voulait réveiller Lear déjà évanoui : « Non ! Ne troublez pas son âme ! Oh ! Laissez-la partir ! C'est le haïr que vouloir sur la roue de cette rude vie l'étendre plus longtemps.»
Le fin mot de l'histoire a été trouvé dans le compte-rendu objectif paru dans le « Figaro ». Ce malheureux tueur était en traitement psychiatrique pour des accès répétés de folie maniaque, dont il était affecté depuis l'enfance. La mort de son père a été un facteur déclenchant.

Voilà donc la fin des van Blarenberghe, une tragédie antique qui a tué un nom au delà des protagonistes.

Mais je puis encore vous parler de la deuxième fille de Henri-Joseph, Alexandrine-Eugénie.
L'histoire ici reste désolante, mais moins tragique. Elle était musicienne, jouant de divers instruments et vivant de ses leçons de musique, comme sa sœur vivait de ses leçons de dessin. Née en 1790, elle avait trente ans quand elle s'est mariée. Elle s'était éprise d'un charmant poète, Carlos Dathis.
L'histoire de ce nom est amusante. Attiches est un hameau situé au sud de Lille et qui n'a certes rien d'une principauté. Venant de là, un enfant trouvé fut baptisé sous le nom ‘Dattiche', ce qui était coutumier pour ces petits abandonnés, si nombreux à l'époque.
Un de ses descendants, un charpentier prénommé Charles, quand il eut pris un peu d'âge, trouva ce patronyme un rien gênant et se maria, exactement le 16 avril 1653, sous le nom ‘d'Athis', à la grande satisfaction de sa promise, Antoinette Decoster.
C'était le nom usurpé d'une ancienne grande famille ayant participé aux croisades, aussi les descendants montrèrent-ils moins de prétention et plus de prudence en orthographiant leur nom Dathis.
La Révolution ne les engagea pas à changer d'attitude. Mais dans notre monde nageant dans le jacobinisme et le gauchisme, il est bon de se distinguer par une particule. Aussi, quand, au milieu du 20e siècle, un membre de la famille se découvrit un ancêtre d'Athis, il n'eut rien de plus pressé que d'ester en justice pour se faire attribuer ce joli nom, qui fait penser au chevalier blanc des romans roses. Il s'ensuivit des procès en cascade par d'autres descendants.
Quelle jolie histoire ! Cela me rappelle “ Bel Ami” de Maupassant, qui décida de s'appeler du Roy et me donne à penser à ma propriétaire, qui est une pure flamande dont le nom est Dedecker, ce qui signifie Lecouvreur et qui utilise un papier à en-tête au nom «de Decker».
La vie de Carlos fut très malheureuse. Atteint de tuberculose, il mit tous ses biens à la disposition de sa famille, puis tenta plusieurs cures vaines. Passionné de poésie, il aima aussi la natation, ce qui lui a permis de participer au sauvetage d'un enfant qui se noyait. C'est une figure pitoyable et sympathique. Cinq ans plus tard, il mourut de sa maladie. Il laissa deux enfants. Henriette naquit en 1820 et épousa, à 23 ans, Jules César Alexandre Decroix. Derrière cette série de prénoms un peu ridicule se cachait un homme de bien et de grand mérite qui fonda une banque et la lança si bien qu'elle tint près d'un siècle avant de se faire avaler par un plus gros poisson. Cette longue lutte est fort bien racontée par son descendant Philippe Decroix, dont on peut regretter que le don d'écrivain et la qualité de la langue n'aient pas servi une œuvre moins confidentielle.
Carlos et Eugénie eurent également un fils, Henri, qui mourut tragiquement en se suicidant à la suite d'une débâcle financière. On raconte qu'il se tira deux balles de pistolet dans le ventre. Il me semble que même l'idiot du village ne commettrait pas un geste aussi absurde, qui lui valut une longue et douloureuse agonie. J'en conclus que l'on a dû camoufler un meurtre… Je vais trop loin ?

WARENGHIEN

Au début du IXème siècle des Varègues (suédois), conquièrent Hedeby au Jütland (Danemark) et s'installent dans le Schleswig-holstein, certains poursuivirent leur chemin et descendant par l'Alsace, participèrent à la conquête du canton de Schwitz auquel ils donnèrent le nom (Schwitz étant un fréquentatif de Schleswig) et aussi du Haut Valais (c'est pourquoi le drapeau suisse, créé plus tard, ressemble tant au drapeau danois, et que la légende de Guillaume Tell est tirée de la légende skandinave plus ancienne de Toko), d'autres du Neuwstrich (la Neustrie), ainsi qu'une partie de Wikkings suédois "Varengiens" (garde royale du Basileus), qui en 839 subirent un revers en essayant de conquérir Garðaríki: "Constantinople", où les princes chrétiens négocièrent leur départ. Le roi Louis le Pieux (mort en 840, fils de Karl Magnus & père du dernier carolingien Charles II le Chauve, roi de France et d'Aquitaine en 849), leur donna l'autorisation de traverser son royaume, afin de s'en retourner chez eux. Ils sont à l'origine du nom Varenguebec dans le Wíkland: "Cotentin" (des norrois Varègue & Bekkr: "ruisseau"), du nom Waringzelle (littéralement: "voile des Varègues", du flæmſka Veil: "voile") au Sud du Cap Gris-nez (piètre francisation du norrois Græna-Nes: "Cap du coin de terre vert", le français Cap étant une redondance) dans le Bólineųri: "Boulonnais", et des 3 Warengville/Varengeville du Hvítaland: "Pays de Caux" (des norrois Varègue & Úíll: "foyer/village", littéralement: "le village Varègue"), et s'en vinrent avec le Jarl (chef) Ivar qui s'installa à demeure après le raid d'AſgĒr, qui pilla & incendia Rouen (le jeudi 12 Mars 841), & Jumièges (2 jours plus tard). Ivar créa le (petit) royaume d'Yvetot cette année là, 19 ans avant que le Wikking HaſtĒn (Hasting) ne conquît Chartres, 46 ans avant l'arrivée du Norwegien Hrolf-Ganger en Neuwstrich. (Par Michel Warenghien)
L'ancêtre de tous les Warenghien/Warenghem est:

  • Ólafr Wæringjar (prononcer [wolavúr vèrī'guîar])/Olevier (van) Waringhem/ Olivier (de) Warenghien: lit. "Olaf les Varègues" (Chevalier lui-même et/ou fils de Chevalier Jomsviking, Danois originaire du Schleswig, arrivé en Flandre via la Frise, au XIème siècle entre 1045 & 1050).

Note:

Les Warengien/Warengein/Warengeim/Waringien et/ou Varengien/ Varangiens/Varègues/Vering/Véringues/Varangues: lit. "de la race des Varègues" (de l'urnordisk/ancien norvégien War/Var: "foi jurée/serment", et/ou Waring/Varing: "voyageur", le "W" initial, tendit à se transformer en "V" aux XIII/XIVème siècles en skandinave, plus de Ing: "race/peuple" et/ou Ung: "jeune"), sont avec les Rus & les Svear, une des trois tribus nordiques (ancêtres des Vikings), qui peuplaient la Suède, et dont une fraction importante s'installa au Danemark au VIIIème siècle.

Généanet donne une autre version, à priori moins convaincante : Waringhem Nom porté dans le Nord-Pas-de-Calais. Il est formé avec le double suffixe -inghem, et désigne le domaine de Waro, nom de personne d'origine germanique. M.T. Morlet signale deux lieux-dits dans le Pas-de-Calais, à Bourecq et à Norrent-Fontes. Variante belge : Warenghien.

WATINE

La Famille WATINE ou WATTINNE en Flandre (texte de Alain Watine-Ferrant : http://www.watine-wattinne.org/)

"Le nom « WATINE » ou « WATTINNE » , sous quelque forme qu'il soit écrit, est un des plus anciens noms de Flandre. Dans l'Etude des noms patronymiques flamands de Gustave van HOOREBEKE, ou trouve cité un Lambertus de WASTINA en 1138 ( St Bertin Pop 14) . Un Eustachus de WASTINE participe à une croisade en 1202. Adonis de la WOESTINE en l'an 1159, Anselme de la WOESTINE, en l'an 1184, Huard de la WOESTINE en l'an 1204, Philippe de la WOESTINE en l'an 1203, Gérard de la WOESTINE en l'an 1273 et nombre d'autres signèrent avec les magistrats de Flandre plusieurs chartes en qualité de chevaliers. Ce nom a été porté dans sa forme flamande : « van de WOESTYNE » ou variantes , ou dans sa forme francisée : « de leWASTINES » ou variantes, par d'illustres familles.
Citons : « la famille illustre en Flandre, du nom et armes de WOESTYNE, dont les descendants estoient seigneurs du pays et terres de le WOESTYNE au quartier de Bruges ,desquels se trouvent encore des sceaux en diverses abbayes, représentantun homme à cheval tenant devant soy un escusson avec une croix ancrée... » ( L'Espinoy, Recherche des Antiquitez et Noblesse de Flandres. p. 563).

« La terre et Seigneurie de la WOESTINE est une ancienne baronnie en Flandre et gist au quartier de Bruges , et fut par cy devant possédée par les Seigneurs de ceste Noble Famille qui furent puissans et valeureux en armes . Ysabeau , fillede Philippe , Sire de la WOESTINE, chevalier , petite fille de Philippe (1192-1247) épousa Jean II de GHISTELLES , (1265-1289) Seigneur de VOORMEZEELE » ( E. Warlop. De Vlaamse adel,II/1 Nr. 91/24).
Leur petit fils Gérard fut considéré par Th. De Limbourg Stirum ( Le Chambellan de Flandre , p. 135 ) , comme le fondateur de la branche des seigneurs de la WOESTYNE ; ceux ci brisèrent leur écu de trois croix ancrées.
Cri de guerre : « Woestyne ! Woestyne ! »

Cette antique famille ne se confond pas avec la famille van de WOESTINE dont toutes les branches modernes se rattachent à une souche commune dont la ville d' Audernarde est le lieu d'origine. On voit des van de WOESTYNE ou de le WASTINE établis dans cette ville dès la fin du XIIIème siècle. Cette famille dont sont issus les Seigneurs de Grammez et ceux de Becelaere a pour premier ancêtre connu Gérard van de WOESTYNE, né vers 1270, qui porte
« de sable au chevron d' Argent accompagné de trois coquilles du même, deux en chef et une en pointe ; cimier : deux vols semés d' hermines ».

Roger de WOESTYNE, Seigneur de Becelaere et de Grammez, suivit en 1421 Philippe le Bon , duc de Bourgogne, qui passa en France pour venger la mort de son père. Il épousa : en premières noces , Elisabeth van der GRACHT, fille de Wauthier et de Marie van PRAET, dite de MOERKERCKE ; et en secondes noces Marguerite de GHERBODE. Voir descendance in Nobiliaire des Pays Bas, par le Baron de HERCKENRODE. Tome 4 A° 1868 p. 2144.
Dans le même ouvrage figure un autre fragment généalogique de la famille van de WOESTYNE d'Audenarde débutant par Jean van de WOESTYNE et dont sont originaires les Seigneurs de Terwaerde
Ange van de WOESTYNE, chef de la Branche Gantoise, brisa d'un croissant d' argent , posé sur le chevron.
La généalogie van de WOESTYNE a été publiée par le Baron de STEIN d' ALTENSTEIN en 1862 à Bruxelles et par J Gailliard dans « Bruges et le Franc » Tome 3 page 230. Cette généalogie commence par Roger van de WOESTYNE, chevalier, qui contracta alliance avec Isabeau de CUINGHIEN, dite COYEGHEM, et mourut en 1349.

Le Moulin seigneurial de la terre et baronnie de WASTINES ou de la WOESTINE, citée plus haut échut à Baudouin de WAVRIN , Seigneur de WASTINES, cinquième fils de Hellin, Sire de WAVRIN, Sénéchal de Flandre, et de Marie Dame de MALANNOY. Il adopta, comme cadet , un écusson d'argent à la bordure dentelée de sable, et toute sa lignée , qui prit le nom de WASTINES, en a fait de même. Avec son fils Alard, Seigneur de WASTINES, cité en 1268 et 1284n commença une nouvelle lignée de seigneurs de WASTINES dont la branche principale se termina par Marguerite de WASTINES, décédée en 1485, qui épousa Louis de Montmorency. Il racheta ,le 23 Mai 1462 pour 5500 francs 32 sols les Seigneuries de WASTINES et de PERONNE, que son beau père avait vendues à Antoine d'' ONGNIES, Seigneur de LIGNY. Leur fils, Jean de MONTMORENCY, Seigneur de WASTINES, fit reconstruire le château du dit lieu. ( Histoire de la Maison de WAVRIN et de quelques familles qui en sont issues, par Félix Victor GOETHALS Bruxelles 1866).

Quant à la signification du nom, voici ce qu'en dit Eugène VROONEN dans son « Dictionnaire étymologique des noms de familles de Belgique », tome I, p. 435 :
WATINE « Terre marécageuse et stérile». Forme dialectale de Gâtine.
Variantes : (de),(des) WATTINES , WAST-,GAST- , WAT- GAD- (e)YNE, WESTYN, van de WATTYNE, WADINIER" ( Terrain) ,Gâtinier ", WASTEELS (WATTINES, dep. Rèves et Taintignies).
WOESTYNE . Proven. WOESTIJN, « désert ». Variantes : WO(e)STYN (e), van de WOESTYNE.
D'autres y voient l'hypocoristique de Watier, nom germanique composé de WAD : gage et de HARI : armée.
Il semble pourtant que la signification qu'en donne VROONEN soit vraisemblable puisqu'en flamand « WOESTIJN » signifie toujours « désert » et que « WOESTIJN », est parfois écrit WOSTINNE ou WASTINES dans les premières mentions faites des membres de la généalogie qui suit et que des textes concernant les VAN DE WOESTIJNE portent, pour la même personne « de la WASTINE » ou « de WASTINES » quand ils sont écrits en français et « van de WOESTIJNE » quand ils sont écrits enflamand..

Les lieux appelés WATINE, WATTINES, etc.. sont légion en Flandre et dans le Hainaut. Nous ne pouvons les citer tous. Donnons ceux cités par Karel de Flou dans « Woordenboek der Toponymie van Westelijk Vlaanderen ».
• La Wâtine , terre et seigneurie, fief puis hameau de la paroisse d' Acquin et Mentque, citée déjà en 1146 ( Ch. de St bert. N° 201, in de Loisne, 397).
• Watine, fief à Difques, cité dès 1473 ( J. de Pas, Stat,féod.2,821).
• La Wattines à Estaires, citée dès 1641 ( Kaart Pays de l'Alleue, in Sanderus.)
• La Wâtine, un lieu dit à Guisnes, cité au XIème siècle ( Chron. andr p. 788,b, in de Loisne, 397)
• Le, la Wastine, une Seigneurie dans le bailliage de Cassel, citée vers 1320 ( Com. Flam. 12,50).
• La Watine, une becque à Longfossé
• La Wâtine, Watine, un fief à Quercamp cité dès 1378 ( J. de Pas, stat. Féod.2,818)
• La Wâtine, un lieu dit à Questrecques
• La Watine, un lieu dit dans la direction d' Huplandre, à St Martin Boulogne, cité en 1203 ( Mem, Acad. Boul.IX 225, in de Loisne, 397)
• La Watine, une Seigneurie de Vaudringhem, citée dès 1581 ( J. de Pas, Stat. Féod. 2,822)
• La Wâtine, un ancien fief et un lieu-dit à Wierre au Bois, cité dès 1553 ( Déclar. des fiefs du Boul. p. 19 in de Loisne, 393)
• Watine, un fief à Armentières.
• Les Watines, un ancien lieu dit à Beuvry, cité dès 1152 ( Bull. Mor.IX,199, in de Loisne, 398)
• Les Watines, la Vatine, un fief à Lestrem
• Les Watines, un fief à St Josse
• Les Watines, un fief à Sorrus
Leuridan, dans la statistique féodale de la Chatellenie de Lille, en nomme encore plusieurs. Il convient de citer en outre Chapelle à Wattines près de Leuze, Wattines, Hameau de Rêves ( arrondissement de Charleroi), Wattines, hameau de Taintignies ( arrondissement de Tournai), la Seigneurie des Wattinnes à Roncq, la Baronnie des Wastinnes à Auchy, et enfin WATINE, hameau de Tourcoing, mentionné pour 19 habitants dans un registre de pascalisants de la fin du XVIème siècle.
Ce hameau de Tourcoing doit sans doute sa dénomination à la famille dont la généalogie suit . On le trouve également cité dans cet extrait des archives communales de Lille, second volume du Registre aux rapports et dénombrement des fiefs tenus de la salle de Lille ; « ... d'aultre aux héritages de la dite Catherine ( Roussel) et vers Courtray au chemin quy maisne de la Wastine à Marlière quy doibt etc... ».
.Willem WASTIN, fils de Jacquemart et Isabelle STAELENS ( voir Introduction) est propriétaire de deux fermes : dont l'une dépend de la Seigneurie du Val près de la Marlière à Mouscron . Jehan WASTIN , autre fils de Jacquemart , possède des terres près de la Carrière de le Bouverie et du Camp de Soil, contiguës à celles de Willem WASTIN ( Archives Communales de Mouscron, Fonds d' Ennetieres, le Val à Mouscron A° 1452).
Or il est curieux de constater que sur l'acte de baptême de Guillaume WATINE ,fils de Pierre, baptisé à Tourcoing le 17 Novembre 1576, on a indiqué en marge la mention « Marlière » et que ses parents Pierre WATINE et Philippote le BLANCQ sont inscrit pour habiter Marlière, dans le registre de pascalisants de la fin du XVIème siècle ci-dessus cité."

Texte de Alain et Isabelle Watine-Ferrant